Médias/Télé

Après avoir été journaliste à New York, Washington et Moscou pour le New York Times, David Herszenhorn a posé ses valises à Bruxelles il y a moins d'un an pour rejoindre le bureau européen de Politico. Fondé en 2007, ce média américain a rapidement connu le succès outre-Atlantique. Il y a deux ans, ce "pure player" a lancé une extension européenne à Bruxelles, où sa quarantaine de journalistes dépeignent l'actualité et les coulisses de l'Union européenne. Deux mois avant son installation dans la capitale belge, Politico avait suscité pas mal de remous en qualifiant la Belgique de d'"Etat failli" suite à l'attaque de Charlie Hebdo.

Le journaliste américain David Herszenhorn est l’Invité du samedi de LaLibre.be.


Récemment, le Washington Post et le New York Times ont critiqué de manière virulente la Belgique, en évoquant notamment la "corruption" de sa classe politique. Il y a deux ans, c'est Politico qui pointait du doigt notre pays comme un "Etat failli" (failed state). Vous partagez ces critiques ?

En ce qui concerne Politico, il s’agissait d’une chronique, et non d’un article de la rédaction. La Belgique n’est pas un "failed state". Un "failed state", c’est un Etat comme l’Afghanistan. Cela semble une évidence. Les titres sont parfois plus chocs que les contenus des articles. D’ailleurs, le billet du Washington Post qui comparait la Belgique à certains Etats africains était aussi rédigé par un chroniqueur, en l’occurrence, un professeur de l’université d’Anvers. Je conteste donc que ce soit l’avis d’un journal américain, c’est plutôt celui d’un Belge.

Mais vous partagez ces opinions en tant que journaliste américain ?

C’est une question délicate, je ne suis pas là pour juger et je pense qu’il faut pouvoir rester nuancé quand on évoque le terrorisme. Après les attentats de Bruxelles, les questionnements sur l’efficacité des forces de l’ordre et des renseignements belges venaient de partout. C’est d’ailleurs toujours comme ça, partout dans le monde, après des attaques terroristes planifiées. J’étais reporter à New York le 11-Septembre, vous imaginez bien que les mêmes questions suivent ce genre d’événements tragiques. Je n’ai aucune raison de mettre en doute les constats soulevés par les journalistes, qu’ils soient belges ou américains, sur l’efficience des autorités. C’est normal, je dirais même légitime, dans ces situations. Après de tels attentats, les forces de l’ordre doivent tirer des conclusions et affiner leurs fonctionnements. Ce n’est en rien un cas isolé à la Belgique.

Vous appréciez vivre à Bruxelles ?