Médias/Télé

Dans cette rentrée française où, il faut bien l'avouer, nous avons peu de nouveautés à nous mettre sous la dent, ce fort sympathique concept pondu par les «poules» nous fait du bien.

Couvé depuis le printemps dernier par quatre copines qui présentent bien plus de qualités que ces pauvres gallinacés, «Les poules ont des dents» pourrait presque réinventer le talk-show.

Rien de tel en effet, le samedi à l'heure de l'apéro (à 18h45, sur France 2), qu'une joyeuse émission, animée par quatre femmes intelligentes, souriantes et piquantes. Une monteuse, Anne Rochefort, 28 ans, et trois journalistes, Audrey Gloaguen, 31 ans, Anne Gintzburger, 40 ans, et Nathalie Leruch, 43 ans, inconnues du grand public. «Elles ont l'expérience de la télé, de vraies personnalités, sans avoir les tics de certains animateurs professionnels ni le côté standardisé de certains débutants», avait dit d'elles Yves Bigot, l'ancien directeur des programmes de France 2.

Et c'est précisément cette fraîcheur que l'on apprécie. Humour, esprit, audace, rien de déjà vu. Des bonnes idées, au contraire, comme de réaliser un portrait «Pile ou face» de Cristiana Reali, la première invitée. Sur les mêmes images, deux commentaires très différents, l'un sucré, l'autre poivré, toujours au second degré. La comédienne se lâche, du coup: «J'aime bien de temps en temps faire un téléfilm ou une série d'été parce que... ça donne envie de refaire du théâtre!»

Sur des sujets aussi divers que la chasse aux fournitures scolaires, la rentrée du Medef ou une rencontre à New York avec Amadou et Mariam, «Les poules ont des dents» propose un vrai ton, entre info et dérision, sensibilité et légèreté. Rien n'est figé, formaté. Nos quatre poulettes s'autorisent tout, en particulier dans cette séquence culte, «On n'a pas froid aux oeufs» où l'on découvre Audrey mise en scène dans une mission impossible à Londres, celle d'interviewer le prince Charles le jour de son mariage. Les donzelles n'ont pas peur non plus de se chambrer gentiment, ou d'effectuer, sur un plateau très coloré, quelques pas de danse, histoire de mettre un peu d'ambiance. Gageons que ce nouveau rendez-vous trouvera rapidement un public aussi fidèle qu'un «Frou-frou», dans un tout autre style.

© La Libre Belgique 2005