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En principe, le nouveau plan de fréquences de la Communauté française devrait sortir des limbes mercredi prochain. On a toutefois appris à être prudent dans un dossier qui patauge depuis près de dix ans. Toujours est-il que la perspective d'une fumée blanche agite le landerneau des radios privées de la bande FM francophone.

Ladite agitation se concentre plus particulièrement sur le terrain bruxellois. Dans notre édition de mardi, nous faisions écho à l'intention du réseau Bel RTL de monter un projet de radio ciblée sur la Région de Bruxelles Capitale. Au même moment, Nostalgie faisait état d'une intention similaire.

X 2, petite soeur de Bel

Bel RTL, premier réseau de la Communauté française détenu par le groupe RTL, est passé jeudi à la vitesse supérieure. Lors d'une conférence de presse, le patron de Bel, Jean-Jacques Deleeuw, et celui de Rossel (actionnaire à 46 pc), Bernard Marchant, ont dévoilé leur projet. Baptisé provisoirement «X 2», l'annonce est étroitement liée à la prochaine décision du gouvernement de la Communauté française relative à la répartition du parc de fréquences entre réseaux et opérateurs indépendants.

D'aucuns font également le lien entre «X 2» et deux événements. Un: la disparition de Bruxelles Capitale (RTBF) le 22 février dernier et le mécontentement né, en terre bruxelloise, autour de VivaCité. Deux: le lancement, le 20 avril prochain, de FM Brussel. Ce projet de radio régionale flamande - installée à Flagey! - est né d'un partenariat entre la Communauté flamande, TV Brussel et le groupe de presse Roularta.

Il n'en fallait pas plus pour que des opérateurs francophones s'engouffrent dans la brèche, d'autant plus que de nombreuses personnalités politiques bruxelloises appuient ouvertement toute initiative allant dans le sens d'une radio bruxelloise.

«Il existe une grosse attente de voir naître une radio francophone dynamisant positivement la Région bruxelloise», explique Jean-Jacques Deleeuw, directeur général de Bel RTL. Le projet X 2 vise, à l'instar des «city radios» présentes dans de nombreuses capitales européennes, à s'adresser au public de la région bruxelloise dans un format radiophonique spécifique. Un peu à l'image de ce que faisait «Bruxelles Capitale»... X 2 entend s'adresser prioritairement aux 25-44 ans, issus des classes sociales «hautes» et domiciliés dans le grand Bruxelles (19 communes, plus la périphérie et certaines autres communes telles que Braine-l'Alleud, Waterloo, Zaventem,...). «Il s'agira d'une radio urbaine centrée sur la mobilité, les infos régionales, la vie culturelle et sociale. Il s'agira surtout d'une radio complémentaire à Bel RTL», prolonge M.Deleeuw. En dehors d'une tranche matinale (7-10h) consacrée à l'info et à des invités bruxellois, X 2 fera une large place à la musique (75pc de la programmation, contre 40pc sur Bel).

Concurrence

Pour que le projet voie le jour, RTL devra compter sur l'obtention d'une fréquence «de qualité». Le groupe de l'avenue Ariane et Rossel devront aussi compter sur des candidatures concurrentes. A ce jour, le challenger s'appelle Nostalgie. Son patron, Marc Vossen (ex-responsable de Bruxelles Capitale), annoncera dans quelques jours le contenu de son projet de radio bruxelloise auquel pourrait être associé Télé Bruxelles. «Nous ferons acte de candidature lorsque l'appel d'offres sera lancé. Ce sera au Conseil supérieur de l'audiovisuel de retenir le meilleur projet», confie Marc Vossen, lequel n'exclut pas que d'autres candidats pointent leur nez d'ici là...

© La Libre Belgique 2004