Médias/Télé Une adaptation peu convaincante du film culte des années 80. TF1, 21h.

Trente ans après la déferlante "Dirty Dancing", le réseau américain ABC et le réseau canadien CTV ont diffusé, en mai dernier, un remake télévisé du film culte d’Emile Ardolino. Sous la forme d’une mini-série en trois parties, que TF1 programme à son tour ce jeudi. De quoi faire plaisir aux fans ? L’objectif sera difficilement atteint avec ce qui apparaît comme une simple version longue, plus lisse et stéréotypée que l’original.

Il est vrai que prendre la place de feu Patrick Swayze et de Jennifer Grey était loin d’être tâche aisée. Colt Prattes réalise une performance plus que correcte sur le plan physique, mais imprime peu de personnalité à la figure de Johnny, le prof de danse rebelle dont Frances, dite "Bébé", va tomber follement amoureuse le temps d’un été.

Quant à Abigail Breslin (qui incarnait la petite Olive dans "Little Miss Sunshine" en 2006), elle peine à dépasser le stade de la jeune femme gauche et trop sage, et à nous faire adhérer à cette soudaine émancipation. Sans compter le manque de sensualité qui se dégage du couple, auquel on ne croit pas davantage. Tandis que Sarah Hyland, qui interprète la sœur aînée de Frances, en quête d’un mari, nous séduit, elle, par sa spontanéité.

Danse lascive

Pour les novices, ce nouveau Dirty DancingH mis en scène par le réalisateur Wayne Blair, se déroule dans une pension de vacances en 1963. "Bébé" vient d’avoir 18 ans et profite de ses vacances en famille avant d’entamer des études de médecine, sur les traces de son père, à la fois dévoué et rigide. C’est lorsqu’elle découvre le "dirty dancing" (la "danse lascive" pour les Québécois), une danse très sensuelle pratiquée en secret par les employés de l’hôtel, que le déclic se produit.

Dans cette version de plus de deux heures (le film durait une heure et demie), la scénariste Jessica Sharzer utilise le temps additionnel pour explorer rapidement les relations entre les parents. Elle a en outre imaginé un personnage de couguar triste, une chanteuse sur le retour, Vivian, plus pathétique que touchante.

Reste le plaisir simple de la comédie musicale, le chant ayant été ajouté à la danse, toujours de qualité. On saluera en particulier la performance de Nicole Scherzinger, l’ex-chanteuse des Pussicat Dolls, dans le rôle de Penny, partenaire magnifique et perdue de Johnny.