Médias/Télé Un nouveau personnage, Hicham Janowski, vient bousculer la troupe d’ASK, l’agence des stars. France 2, 21 h. Entretiens Caroline Gourdin Correspondante à Paris

La série Dix pour cent H H H fait partie de ces divines surprises, attendues à la fois par le public et par les professionnels. Initiée par le producteur Dominique Besnehard, ex-agent de star, cette chronique d’une petite agence parisienne, ASK, a séduit jusque 5 millions de téléspectateurs sur France 2 la saison dernière. Les tribulations de ses salariés dans le milieu très glamour (en apparence) du cinéma ne manquaient ni d’humour ni de profondeur.

Pour la saison 2, de nouvelles personnalités ont accepté de jouer les "guests". Isabelle Adjani, Fabrice Luchini, Guy Marchand, Julien Doré, Juliette Binoche, Christophe Lambert, Ramzy Bedia ou Virginie Efira ont interprété leur propre rôle face au miroir déformant tendu par l’équipe de scénaristes emmenés par Fanny Herrero.

Agents stars

Au regard de cette saison 2, on peut confirmer que les vraies stars de "Dix pour cent" sont les agents eux-mêmes. Autant de personnalités attachantes qui continuent de révéler des facettes insoupçonnées. Un nouveau personnage vient bousculer la troupe : Hicham Janowski, un homme magnétique et obscur incarné par Assaad Bouab, approché par Andréa Martel pour reprendre l’agence, en grandes difficultés financières. Ce jeune millionnaire adore peut-être le cinéma. Mais il ne connaît rien aux codes et usages du métier d’agent. Il va falloir de la ténacité à Andréa, Mathias, Gabriel et Arlette pour garder le contrôle sur ASK.

"Hicham arrive comme une bourrasque. Et l’affrontement est inévitable entre Andréa et Hicham, qui sont dans un rapport de séduction/rivalité. Ils passent leur temps à se juger et à se jauger, mais Hicham respecte Andréa, parce que c’est une adversaire du même niveau que lui", commente Antoine Garceau, coréalisateur de la série. "Andréa et Hicham, ce sont les frères ennemis, et en même temps, elle a une certaine forme d’admiration pour cet homme puissant, qui s’est fait tout seul. C’est un rapport intéressant à jouer parce qu’ambigu", complète Camille Cottin, qui présente son personnage d’Andréa comme "un phénix, une fonceuse qui se prend les pieds dans le tapis mais se relève toujours. Dans cette saison 2, elle est au plus près de ses désirs, elle est confrontée à ce qu’elle veut vraiment, et cela va s’étendre à sa vie privée."

Amour/haine

Face à elle, Assaad Bouad impose un charisme quasi charnel. "Ils sont comme des frères jumeaux qui s’adorent et se chamaillent. Chacun a vu dans l’autre des blessures d’enfance. Hicham, c’est un enfant turbulent qui a grandi dans un petit patelin et n’a pas forcément connu son père. Il va partir à Londres créer des affaires, et devient millionnaire. Il débarque dans cette agence artistique avec une approche assez particulière. Il peut être très impulsif, caractériel, et petit à petit, peut surprendre par une générosité, un cœur tendre", explique le comédien.

A la réalisation de deux épisodes sur six, Antoine Garceau, déjà présent sur la saison 1, a conservé le côté cinématographique du traitement, tout en continuant à inventer. "J’ai essayé de trouver d’autres idées, d’autres plans et mouvements de caméra, et on peut encore en trouver pour la saison 3. Concrètement, j’ai utilisé les reflets, j’ai travaillé avec d’autres focales. C’est inspirant à réaliser, avec ce casting idéal et cette qualité d’écriture", résume-t-il.

Reste que cette saison 2, encore plus que la première, charrie une riche palette émotionnelle. "Le fait qu’il y ait de vrais moments de comédie, limite burlesques, et des moments émouvants, où des choses importantes se passent pour les personnages, c’est vraiment riche à jouer", confirme Camille Cottin.


Des personnages secondaires étoffés

Casting. "Dans la saison 2, j’ai trouvé très beau qu’énormément de personnages se déploient, notamment les assistants, qui ont des trajectoires intimes très belles", estime Fanny Sidney, alias Camille Valentini, la fille cachée de Mathias Barneville.

La personnalité d’Hervé André-Jezack, en particulier, accroche le regard. Son interprète, Nicolas Maury, livre son analyse : "Pour Hervé, la saison 2 est celle du désastre. Pour faire rire, il faut se rapprocher du désastre. Pour ce personnage, je me mets dans un état d’enfant qui veut tout faire très bien, et forcément le fait assez mal. En même temps, sa seule vie, sa seule libido, c’est son travail. Son état d’être assistant, c’est son état d’être au monde. Forcément, comme il tombe, il va laisser des plumes, et les gens brisés sont plus passionnants à jouer que ceux qui réussissent."

Les auteurs ont rédigé cette saison, avec à l’esprit, Nicolas Maury et ses acolytes. "J’ai toujours pensé, dit-il, qu’un acteur était un auteur. Comme en peinture, nous devons être garants de nos couleurs, de nos nuances, pour qu’après, les créateurs étalonnent tout ça."