Médias/Télé

Ce mercredi, le directeur de l'information de la RTBF, Jean-Pierre Jacqmin, a décidé de suspendre provisoirement le présentateur Eddy Caekelberghs de l'antenne. En cause : un mail privé envoyé par M. Caekelberghs où il est question de la politique du gouvernement fédéral en matière de migration (voir les détails ici).

L'envoi, destiné à deux hauts membres de la laïcité belge et à un ancien secrétaire général du PS, répercute une interview télévisée datant de 2009 de Louis Michel (père du Premier ministre) qui se déclare pour la mobilité des êtres humains et la migration.

Le président du MR, Olivier Chastel, a pris connaissance du mail. "Sidéré" par le contenu, il a contacté Jean-Pierre Jacqmin et le patron du service public, Jean-Paul Philippot. Eddy Caekelberghs a été suspendu de l’antenne le temps d’une enquête interne.

La réponse de la Société des Journalistes de la RTBF

Ce jeudi, en fin de journée, la SDJ a répondu par mail à Olivier Chastel. Voici la réponse :

Le président du MR Olivier Chastel a interpellé hier la Direction de la RTBF à propos de notre collègue Eddy Caekelberghs et a mis la Sdj en copie de son courriel.

Il nous appartenait donc de lui répondre, ce que nous avons fait aujourd'hui en fin de journée, en mettant en copie l'Administrateur général et le Directeur de l'Information.

​​​Monsieur le Président, ​​​

Vous nous avez interpellé à propos de la démarche prêtée à Eddy Caekelberghs dans un mail qu’il a envoyé le 22 janvier concernant une interview de Louis Michel en 2009. Nous voudrions d’abord vous préciser quel est le rôle de la société des journalistes de la RTBF. En aucun cas, nous ne sommes des gendarmes de la déontologie ou une police de la pensée au sein de notre média. Notre mission consiste à garantir que le travail des journalistes se fasse en toute indépendance et avec les moyens de production nécessaires pour une information de qualité. ​​​En l’espèce, à notre connaissance, le travail journalistique s’exerce en toute indépendance au sein des rédactions de la RTBF. Nul doute que si l’en était autrement, nous en aurions été avertis par nos collègues. Nous ne pouvons donc pas accepter cette phrase prononcée dans votre interview aujourd’hui même à « Sudpresse » : On assiste à de plus en plus de militantisme à la RTBF. ​​​

En ce qui concerne Eddy Caekelberghs, journaliste nommé depuis 1988, nous avons été informés par la Direction qu’une enquête a été ouverte en interne à son encontre. Cette procédure devrait permettre de déterminer si une faute ou une erreur a été oui ou non commise par notre collègue. Dans l’immédiat, Eddy Caekelberghs a été non pas sanctionné mais suspendu d’antenne à titre provisoire sans préjuger des conclusions de l’enquête. La mesure est exceptionnelle, notamment par sa rapidité. ​​​En ce qui nous concerne, nous comprenons que dans l’état actuel, l’apparence d’objectivité du présentateur de l’émission « Au bout du jour » soit ici en question. Nous souhaitons que l’enquête menée à charge et à décharge permette rapidement d’y voir plus clair et qu’elle puisse se faire en toute sérénité. ​​​D’ici là, comme toujours, la SDJ veillera à ce que le travail des journalistes de la RTBF se fasse dans la plus totale indépendance, y compris dans les dossiers les plus délicats, et dans le respect des règles de déontologie.


Quoi qu'il en soit, la rédaction de la chaîne publique est aujourd’hui plus que fracturée à propos du cas Eddy Caekelberghs. Découvrez ici les témoignages de journalistes de la RTBF ainsi que la réaction de la secrétaire générale du Conseil de déontologie journalistique.