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Eddy Caekelberghs va reprendre dès ce jeudi soir la présentation de l'émission "Au bout du jour" sur La Première, a annoncé la RTBF. Après la révélation d'un courriel envoyé depuis son adresse professionnelle, le journaliste avait été suspendu provisoirement mercredi dernier. "La RTBF réitère sa confiance à Eddy Caekelberghs, lui-même assurant de sa confiance l'ensemble de la direction de la RTBF, chacun rappelant son attachement à l'indépendance éditoriale et au respect des règles déontologiques", a rapporté le média de service public sur son site internet.

La RTBF n'a pas donné de détails sur la teneur des discussions qui ont eu lieu entre le journaliste et la direction. Mais, d'après cette dernière, "les conditions sont réunies" pour que M. Caekelberghs reprenne la présentation de son émission radiophonique "Au bout du jour", diffusée du lundi au jeudi entre 19h et 20h sur La Première.

"La RTBF et sa rédaction continueront d'examiner, à l'aune des nouveaux canaux d'information et méthodes de communication, les règles et usages de l'entreprise, pour concilier, d'une part, la liberté d'expression - principe essentiel - de ses collaborateurs et le respect de son indépendance éditoriale et de l'impartialité qui font partie de ses valeurs fondatrices, statutaires et déontologiques, et, d'autre part, sa volonté permanente de garantir la crédibilité de son information et l'impartialité que le public est en droit d'attendre du service public", précise-t-elle.

La semaine dernière, SudPresse avait révélé un courriel envoyé par Eddy Caekelberghs à plusieurs hauts membres du Centre d'action laïque, dont un ancien secrétaire général du PS. Il y appelait à diffuser une vieille interview télévisée de l'ancien ministre Louis Michel se déclarant pour la mobilité des êtres humains et la migration, afin de mettre en cause la politique actuelle du gouvernement dirigé par son fils, Charles Michel (MR).

Le contenu de ce message avait énervé Olivier Chastel, le président du MR, qui avait pris contact avec la direction de la radio-télévision de service public pour s'en plaindre, estimant que le comportement du journaliste portait atteinte à l'indépendance et la neutralité de la RTBF.

En réaction, la direction avait sommé Eddy Caekelberghs de ne plus présenter "les émissions dont il a la charge", le temps "de la polémique suscitée par cette initiative personnelle et afin d'investiguer objectivement".

Franc-maçon, réputé pour sa rigueur tout en étant clairement engagé à gauche, l'homme avait tout de même présenté dimanche son émission littéraire "Majuscules", vu son sujet "hors polémique". Il avait par ailleurs fait savoir qu'il porterait plainte au pénal, pour violation du secret de sa correspondance privée. Un journaliste a le droit d'avoir des opinions personnelles et le courriel en cause est un échange privé qui ne s'apparente en rien à une prise de position publique, avait défendu son avocate dans plusieurs médias.

Mercredi devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le ministre en charge des Médias Jean-Claude Marcourt s'était dit "troublé" par les sanctions prises envers Eddy Caekelberghs. "Il s'agit de l'utilisation méchante d'un mail privé pour nuire à une personne", avait-il estimé, tandis que le PS et Ecolo ont critiqué les pressions exercées par le MR.

Ces dernières semaines, un autre présentateur de la RTBF a été dans la tourmente: Benjamin Maréchal, qui animait "C'est vous qui le dites" sur Vivacité. Le 15 janvier, il avait annoncé en direct qu'il quittait provisoirement l'antenne, à sa demande selon lui. Les termes qu'il choisissait pour amener les auditeurs à débattre et la façon dont il cadrait leurs propos suscitaient régulièrement l'indignation. Quelques jours avant son retrait, la RTBF avait été obligée de s'excuser pour un débat sur le viol.

Le roi des audiences n'a toutefois pas quitté Vivacité puisqu'il sera de retour notamment le 14 février pour une émission spéciale Saint-Valentin.