Édito : Allochtone

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Le journal flamand "De Morgen" n’utilisera plus le mot "allochtone" pour désigner la population belge issue de l’immigration. La ministre de l’Intérieur demande à toute la presse belge d’imiter "De Morgen". Le problème est-il réglé ? Non. 1. Allochtone signifie "d’origine étrangère". Le mot n’est pas blessant. S’il est utilisé, c’est souvent pour éviter d’autres mots qui, eux, peuvent jeter le discrédit sur une race, une religion, une région. Allochtone est moins blessant que "illégal", un mot dont la presse abuse pour désigner des personnes en situation illégale. Un homme, une femme, un enfant, ne sont jamais des "illégaux".

2. Ce mot "allochtone" est plus souvent utilisé dans la presse flamande : est-ce parce que le malaise y est plus grand ? Ou parce que s’y multiplient les décrets réservant terrains ou logements aux seuls néerlandophones, rejetant allochtones et francophones ?

3. Il ne faut pas nier la stigmatisation dont souffrent certaines personnes nées ici, Belges et fiers de l’être, simplement parce qu’elles portent sur leur visage les signes de leur lointaine origine. Penser qu’en supprimant le vocable "allochtone", on va régler le racisme, l’exclusion, la ghettoïsation, c’est très naïf. Il faut renforcer les efforts individuels, collectifs pour intégrer ceux qui souhaitent l’être, pour modifier l’image que l’on a les uns des autres. Il y a un mot pour cela : le respect.

3. On est toujours l’étranger d’un autre. Exemple. Un Québecois se retrouve face à un Inuit. Entre les deux, coule une rivière. Le Québecois demande à l’Inuit : "Comment puis-je aller de l’autre côté de la rivière ?" L’Inuit répond : "Mais vous y êtes déjà "

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