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Lancée depuis quinze jours sur les traces de l’indépendance congolaise, la RTBF aborde un chapitre douloureux ce soir. La quête de la justice au Congo. Un voyage en deux temps qui laisser songeur. A 20h15, dans "Meurtre à Goma" il est question de l’assassinat, le 13 mai 2008 d’Albert Prigogine, neveu du célèbre prix Nobel. Un meurtre perpétré en plein jour, dans un quartier sécurisé, sur lequel aucune lumière n’a pu être faite jusqu’à ce jour. Mais les autorités locales le souhaitent-elles vraiment ? Pour Philippe Brewaeys et Erik Silance, auteurs de ce "Devoir d’enquête" la question mérite amplement d’être posée.

Le deuxième volet proposé à 22h45 enfonce encore un peu plus le clou de l’impunité et de la malgouvernance. Car qu’y a-t-il de pire que l’absence de justice ? Une justice débordée et inefficace qui donne l’impression de marcher à reculons. C’est le sentiment que l’on retire à la vision des tranches de vie congolaises proposées dans le documentaire Kafka au Congo H H de Marlène Rabaud et Arnaud Zajtman. Où l’on voit une malheureuse citoyenne de Kinshasa, Gorette Mawazo, tenter vainement de faire valoir son droit de propriété depuis plus de 15 ans. Incapable de se payer les services d’un avocat, elle assure sa défense elle-même, se déplaçant de bureau en bureau, interpellant juge et greffier, tentant de réunir les éléments de preuve souhaités, se disant même prête à financer la descente du tribunal sur place afin de vérifier la localisation de sa concession. Palabres incessantes, multiplications des frais, atermoiements, reports Un vrai sac de nœuds.

Saisissant ce "cas" emblématique et symbolique - pour son côté pot de terre contre pot de fer - les réalisateurs en profitent pour déshabiller la société congolaise à la façon d’un "Strip-tease" grinçant à souhait. Car les litiges immobiliers de ce type sont de plus en plus fréquents dans la capitale kinoise, passée de 400000 à plus de 10 millions d’habitants en cinquante ans. Partout s’allongent sur les murs les inscriptions "cette parcelle n’est pas à vendre" afin d’éviter les escroqueries.

De son côté, Bahati Lukwebo, trésorier de l’Assemblée nationale fait campagne afin de garder son poste de questeur. Mais pour décider les gens à voter pour lui, dans ce pays où la politique n’a jamais assuré le repas du soir ou du lendemain, il semble ne pas y avoir 36 solutions : il faut les "intéresser" au vote. On en revient à la lancinante question de la corruption, des magouilles sans fin et de la mauvaise gestion. Anciens combattants, veuves, isolées, orphelins : ce sont toujours les mêmes qui supportent le poids de l’incurie tandis que certains nantis multiplient les dépenses somptuaires. Un documentaire sans voix off, ni commentaire, tout à fait édifiant