Enfants volés : le Royaume-Uni persiste

KT Publié le - Mis à jour le

Médias/Télé Transversales

Effrayant. Les mots manquent pour dire le sentiment que l’on retire à l’écoute du reportage de Florence Bellone (La Première, samedi, à 12 h).

Il s’agit en fait du troisième volet de l’enquête* menée par la journaliste sur la question hautement "touchy" des adoptions forcées en Grande-Bretagne. Où l’on constate que, malgré les mises en garde des autres Etats et malgré le scandale causé, la situation n’a pas varié d’un iota. Un ancien travailleur social, qui œuvre désormais aux côtés des parents menacés, y décrit précisément cette mécanique effrayante et déshumanisée, parfaitement huilée et souvent illégale, qui s’impose à tous.

Un système dans lequel, des sages-femmes, des psychiatres et même l’école jouent un rôle actif. "Les parents ne peuvent pas gagner, quoi qu’ils fassent", analyse un avocat coutumier de ce type d’affaires. Car le credo des services sociaux permet tous les abus : "On essaie de protéger les enfants du risque de préjudice significatif qui a été identifié comme possible" Soit le recours au canon contre un fragile oisillon.

Non seulement, la règle est à la prudence exagérée mais le système ne prévoit nullement le soutien de parents potentiellement fragilisés ou en difficultés. "Le gouvernement a coupé les fonds qui alimentent le travail préventif sur les parents difficiles, ce qui oblige à prendre en charge encore plus d’enfants", reconnaît cette travailleuse sociale.

Surmédication, annihilation des liens familiaux, autodestruction et délinquance : les conséquences de ces dérives sont énormes, sur les enfants et sur leurs proches. Le scandale est d’autant plus grand qu’il repose sur des réseaux de collusion et de corruption, et génère aussi d’énormes profits, mis en lumière par la journaliste. Si le Royaume Uni est précurseur en la matière, des signes inquiétants existent ailleurs en Europe

* Couronnée du prix Lorenzo Natali

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