Médias/Télé

ENTRETIEN

La fin de la `résistance´ des chaînes de la Communauté française à la télé-réalité était inéluctable?

Absolument. Je relève avec amusement le fait que, jusqu'ici, notre Communauté s'était prévalu d'une forme d'exception culturelle... Il ne s'agissait évidemment que d'un retard, et non d'une impossibilité.

Comment expliquer ce retard?

Par une certaine frilosité conservatrice propre au paysage audiovisuel francophone belge. On voit, par exemple, que la Flandre fait preuve de beaucoup plus d'audace créatrice. Une autre raison tient à l'hypothèse économique consistant à dire que le marché de la Communauté française était trop restreint pour initier des projets télévisuels lourds sur le plan financier. Mais avec les émissions de TF 1, RTL-TVI a eu droit à une étude de marché de premier choix. `Star Academy´ a révélé l'enthousiasme du public belge.

TVI était condamné à répondre à cette intrusion française?

Il y avait effectivement une nécessité de frapper un grand coup et de trouver un créneau porteur en terme d'audience.

Avec le risque de recourir à un concept réchauffé?

Ce ne sera pas le cas pour `Loft Story 2´ puisque la première version, diffusée sur M 6, n'était pas reprise sur le câble belge. Pour `Star Academy´, le risque existe de se retrouver avec une version bon marché.

Télé-poubelle, télé-voyeuriste,... La Communauté française rentre dans le rang?

Il y a une inquiétude par rapport aux aspects relevant du respect de la dignité humaine. Mais aussi longtemps qu'il existera des gens prêts à fonctionner dans ce type d'émissions et que, de l'autre côté de l'écran, on aura des téléspectateurs enthousiastes, cette télévision - que je préfère qualifier de facile - ne me pose pas de problèmes.

Les projets de RTL-TVI sont-ils une mauvaise nouvelle pour la RTBF?

Je ne pense pas. On peut, au contraire, espérer que ces projets pousseront la RTBF à emprunter des voies nouvelles et, surtout, à démontrer qu'on peut aussi faire de l'audience avec des concepts télévisuels plus denses et plus créatifs.

© La Libre Belgique 2002