Médias/Télé La tension est à son comble ce samedi à la finale de l'Eurovision. Pas moins de 42 pays défilent tour à tour pour cette première étape des résultats. Au moment d'annoncer la répartition des points octroyés par les professionnels d'Israël, le présentateur Ofer Shalom annonce avec gravité la fin de la chaîne publique. Des adieux émouvants qui cachent une réalité politique.

" Ici la Première chaîne, depuis Jérusalem. Pendant les 44 dernières années, Israël a participé au concours de chant de l’Eurovision, l’a remporté trois fois, mais ce soir, c’est notre dernier soir ", voici la déclaration du présentateur vedette. Les animateurs de l'Eurovision sont pris au dépourvu par cette annonce. Le malaise est déjà bien  présent quand il ajoute : " Dans peu de temps, l’IBA arrêtera ses programmes pour toujours, donc au nom de tous ceux qui sont ici, laissez-moi dire merci à l’Europe pour ces moments magiques. J’espère que nous nous verrons à nouveau dans le futur ".

Mais rien n'est moins sûr. En effet, le parlement avait déclaré dans la semaine la fermeture de la chaîne publique licenciant ainsi 1.050 employés.

Personne ne s'y attendait

Quelques jours plus tôt, la présentatrice Geula Even apprend en direct que la chaîne de télévision arrêtera d'émettre dès la fin de la journée. Les émotions gagnent la présentatrice qui salue le travail de ses confrères. " Ce sera notre dernier journal ce soir. Du coup, les infos à suivre n'ont plus aucune importance ", déclare-t-elle.

Après 50 ans de diffusion, la télé ne passe désormais plus que de la musique en continu. “ Ce n’est pas seulement la fin du programme qui a attiré l’attention des journaux, mais plutôt la manière dont ça s’est fait ”, commente le Times of Israël.

La raison d'une telle interruption ? Une remodernisation de la chaîne selon le Parlement. Channel 1 IBA deviendra donc Kan dès les premières réformes mises en place et un présentateur d'informations choisi.

Une demande de Benyamin Netanyahou ?

Selon des employés et d'autres journaux d'informations locaux, ce serait Benyamin Netanyahou en personne qui aurait demandé la fin de la chaîne télé. Le Premier ministre israélien l'accuse d'une "couverture médiatique critique à son encontre". Le nouvel organe de presse à naître serait créé et géré à l'avenir par le ministère. De quoi mettre la neutralité de la chaîne publique israélienne à mal.