Médias/Télé

Facebook et huit médias français ("Le Monde", AFP, BFM-TV, Franceinfo, France Médias Monde, "L’Express", "Libération" et "20 Minutes") s’associent pour lutter contre la propagation de fausses informations sur Internet. Comment ? En déployant un dispositif de signalement, destiné aux internautes. Une fois portés à la connaissance du réseau social, les liens seront transmis aux médias partenaires qui vérifieront les informations. Si deux d’entre eux détectent de fausses informations, un drapeau apparaîtra - ainsi qu’une fenêtre d’alerte si l’article est partagé.

Dernièrement, Facebook a en effet été soumis à d’importantes pressions - politiques, populaires mais également internes -, suite à l’onde de choc provoquée par l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis. L’ombre des fausses informations et les craintes d’éventuelles actions de propagandes étrangères (russes, notamment) planent également sur les prochains scrutins qui seront organisés en France et en Allemagne. Qu’en sera-t-il de la Belgique en 2018 (élections communales et provinciales) et 2019 (élections régionales et communautaires, législatives et européennes) ?

Du bon sens, avant tout

Le phénomène des "fake news" ne date pas d’hier mais il s’est considérablement renforcé avec l’utilisation des réseaux sociaux. Au point des fragiliser l’espace public et de menacer les institutions démocratiques.

Face à cette avalanche de sites bidon, il est parfois difficile de trier le vrai du faux. "La Libre" vous livre un modeste guide de survie. Il ne s’agit pas d’une science exacte dans la mesure où la méthode requiert, certes des outils techniques (lire ci-contre) mais aussi du temps, un peu d’expérience et beaucoup de bon sens.

Première règle d’or : le doute, en permanence. Apprivoiser ses biais cognitifs (raisonnement motivé, dissonance cognitive, dualisme cognitif, etc.), permet également d’accepter la contradiction, la non-linéarité des événements, leur complexité, leur nuance, la réalité en couche. C’est aussi dépolitiser, et se méfier des histoires courtes, rapides, façon explications du "Brexit en 500 mots" ou de la mécanique quantique dans une vidéo Youtube de trois minutes.

Qui, quoi, quand, où, comment et surtout, pourquoi ?

Les mêmes règles de base s’appliquent ensuite. Quelle est la source primaire de cette information ? Qui est l’auteur de l’article, du propos, de l’image, de la vidéo ? Un article titré "La vérité sur la Syrie par Vladimir Poutine", est-ce crédible ? Sur quel site Internet a-t-il été publié (voir dans "A propos") ? Faut-il croire la Gazette de Fukushima quand elle assure que le nucléaire, "c’est sûr" ? S’agit-il d’une publication parodique ? Le site et/ou l’auteur est-il affilié à un parti politique, à un think tank, un lobby, une association, une ONG ? Quelles sont leur(s) motivation(s) ? Quand le lien a-t-il été publié ? Quel est l’historique de publication ? Les propos sont-ils sourcés ? Les témoins sont-ils nommés ? Si non, pourquoi ? L’info est-elle reprise ailleurs ? Les photos et les vidéos sont-elles en lien avec les textes ? Le texte est-il écrit dans un français correct ? On touche ici au cœur de l’éducation aux médias.

Concernant les images et les vidéos, un rapide coup d’œil permet enfin de détecter des défauts de perspectives et de proportions ainsi que des détails incohérents (couleur des équipements policiers, bouche d’égouts des trottoirs, vêtements portés par les habitants, etc.). Une enquête de terrain prend ici tout son sens mais il est parfois suffisant d’utiliser des outils comme Google Street View, Google Earth ou encore Wikimapia pour vérifier la concordance des temps et des lieux. L’ensemble de ces procédés humains peuvent également être soutenus par une batterie d’outils techniques.


Repérer les manipulations : les outils indispensables

Google Image (ReverseSearch) et/ou TinEye permettent de vérifier si les images ont déjà été utilisées par ailleurs, des années plus tôt, dans un autre contexte par exemple. 

YouTube DataViewer (Amnesty International/YouTube) permet de vérifier la provenance d’une vidéo. 

Jeffrey’s Exif Viewer. Les fichiers images, vidéos et audio pris avec un appareil photo numérique ou un smartphone contiennent une information "Exchangeable Image File" (EXIF) : appareil utilisé, date, heure et lieu où le fichier a été créé. Attention, ces données peuvent toutefois être manipulées. 

WolframAlpha . Une tornade à New York ? Vraiment ? Ce site permet de vérifier les conditions météo d’un lieu à un temps précis. 

Les Sites Internet spécialisés (+modules) . Snopes, Factcheck.org, Politifact, RealDonaldContext (module), This is Fake (module), Fake News Alert, Le Decodex du "Monde" (déjà sujet à critiques), Factwatchers, Hoaxbuster,… Ils ont tous leur spécialité. Les combiner est tout sauf une mauvaise idée. 

Les rubriques des journaux . Les "Décodeurs" du journal "Le Monde", "Inspecteur Viral" du journal en ligne Metro, "Les observateurs" de France 24, "Désintox" de "Libération". "Le guide de vérification" permet également de maîtriser l’ensemble des méthodes de vérification. Créé par des journalistes, il est gratuit.