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Saviez-vous que l'expression "faire ses pâques" est un belgicisme ? C'est ce que relève Georges Lebouc dans son Dictionnaire ! Chez nous l'expression est restée vivante alors qu'on ne l'utilise plus ailleurs. Pâques est une fête dite "d'obligation" dans l'Église catholique, c'est-à-dire qu'il est obligatoire de chômer et d'assister à la messe. Pendant longtemps, Pâques était le jour de l'année où les fidèles allaient communier, ce qui leur imposait d'aller se confesser préalablement. Et les oeufs de Pâques ? Rappelons tout d'abord qu'en Belgique et en France, ce sont les cloches de Pâques qui apportent les oeufs de Pâques. Depuis le jeudi saint, les cloches sont silencieuses, en signe de deuil. On dit qu'elles sont parties pour Rome, et elles reviennent le jour de Pâques en ramenant des oeufs qu'elles laissent tomber à leur passage. Cette tradition remonterait à l'Antiquité. Déjà, les Égyptiens et les Romains offraient des oeufs peints au printemps car ils étaient le symbole de la vie et de la renaissance. L'Eglise ayant instauré au IVe siècle l'interdiction de manger des oeufs pendant le Carême et les poules continuant à pondre, les oeufs pondus depuis le début du Carême - n'ayant pas été mangés - étaient alors décorés et offerts. De nos jours, le jeûne n'est plus observé aussi strictement mais la tradition d'offrir des oeufs, y compris en chocolat, est restée. "Et Pâques enfin, aux hymnes matinales et joyeuses, Pâques dont les jeunes filles reçoivent la blanche hostie et les oeufs rouges !" (Aloysius Bertrand "Gaspard de la nuit, Octobre")