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Naturelle et débordante d’énergie, Fanny Gillard devait succéder à Quentin Mosimann, ce dimanche. Mais "D6Bels on stage", l’émission musicale dont elle reprend la présentation, a finalement été déprogrammée pour rendre hommage à Leonard Cohen. Parfaitement à l’aise derrière le micro, l’ancienne prof de théâtre accueillera Saule, ce jeudi dès 22h45 sur La Deux.

Un parcours atypique

"Je n’ai pas la mainmise sur la programmation" , reconnaît la jeune femme mais elle ne s’empêchera pas, à terme, de "signaler des artistes intéressants" . Ses "goûts" sont plutôt "éclectiques" , poursuit-elle. "Côté classiques, je suis une grande malade de Jefferson Airplane, de Janis Joplin. Dans les styles plus modernes, je suis une accro aux electro, les trucs un peu tordus, avec les touts débuts de Kraftwerk par exemple. Et puis, j’ai des coups de cœur comme Ghinzu, Amy Winehouse. Les choses qui me touchent moins concernent peut-être la chanson française ou le rap. Et encore, quand c’est bien fait, je reconnais le travail des gens et la qualité et j’aime aussi ça."

Après un Premier prix en Art dramatique ainsi qu’en Déclamation au Conservatoire royal de Liège (ainsi qu’un diplôme de psychopédagogie et méthodologie du français parlé), Fanny Gillard devient professeur de diction-déclamation et d’art dramatique pendant sept ans. "Quand j’ai commencé le conservatoire, j’avoue être un peu tombée de haut. Je me suis rendue compte que ce n’était pas tout à fait ce que je voulais. Sans être péjoratif, le côté comédien me séduisait nettement moins. En tant que professeur, j’adorais la relation que j’avais avec mes élèves mais l’enseignement à proprement parler ne m’apportait pas suffisamment de choses."

Complètement "par hasard" - et grâce à "une amie" -, elle travaille bénévolement pour Maximum FM, Hit Radio et Must FM avant d’intégrer Vivacité en 2011. "Quand j’ai découvert la radio, je me suis dit mais merde ! C’est ça que je veux faire en fait. J’ai envoyé une démo un peu mal faite à la RTBF et pourtant, ça a fonctionné."

Une personnalité affirmée

Enfant, l’ex-chanteuse du groupe "Gangbang in Hong Kong" manipulait déjà les "cassettes" et les lecteurs Fisher-Price. "Autant que je m’en souvienne, j’ai toujours fait semblant de présenter des groupes à la radio."

Elle est finalement recrutée par Pure FM - et plus récemment, Classic 21 - avant d’apprivoiser la télé lors des JO et dans "Juste à Temps" (diffusé sur La Deux en octobre 2015). "Dans ma vie personnelle, j’ai toujours évolué dans un univers masculin , indique Fanny Gillard, dont le sens de l’humour et de la répartie animent l’écran. Il y a aussi quelque chose de cet ordre-là dans la télé. Avec cette histoire de météo, j’avais conscience dès le départ du côté représentatif féminin. Ce côté belle plante me dérangeait un peu. Dès le départ, je leur ai dit que je voulais bien faire ça mais à ma façon car je ne voulais pas me renvoyer cette image-là. J’ai eu carte blanche et j’ai fait quelque chose de décalé. De nouveau, j’ai envie de faire mon trou là où ne m’attend pas et là où on n’attend pas la femme. Je n’ai rien d’une grande féministe mais j’ai toujours eu conscience qu’il y avait des terrains de jeu réservés."

Excepté le premier numéro proposé ce jeudi, "D6Bels on Stage" (toujours en live hebdomadaire de vingt minutes depuis la Ferme du Biéreau à Louvain-La-Neuve) est à (re)découvrir tous les dimanches soirs, à 21h45 sur La Deux.