Médias/Télé

«Seconde chance» («Once & again»), «Providence», «Amy». Trois séries apparues au tournant du siècle, portées par des actrices censées incarner des «battantes», qui font un parcours remarqué au pays de l'Oncle Sam... Le fait pourrait sembler anodin s'il ne soulignait parallèlement le retour à une écriture sérielle dramatique marquant le regain d'intérêt, des producteurs et créateurs américains, pour le réel et ses implications. Loin de la vie dorée des minorités, les scénaristes plongent leur plume dans le réel plus étriqué de la majorité. Bien sûr, leurs héroïnes font plutôt partie de la classe moyenne ou supérieure mais, davantage que leur réussite professionnelle, c'est leur (sur)vie quotidienne que les scénaristes interrogent. La course contre la montre du matin, les longues soirées passées à travailler plutôt qu'à être proche des siens, la difficulté de faire accepter ses nouveaux élans du coeur à ces derniers et la complexité des emplois du temps des familles recomposées, etc. sont le reflet du quotidien d'un grand nombre d'Américains et d'Européens. C'est la vraie vie, enfin, qui est le personnage central de ces feuilletons où strass et paillettes ont cédé la place aux horaires difficiles à conjuguer avec un job de mère à plein temps, et aux soucis sentimentaux de couples en discorde. Les années 2000 sont celles du stress et des maux de tête pour des parents en quête de la clé du monde des grands.

«Amy» et «Seconde chance» sont au programme de l'émission «Destination séries» sur Canal+, samedi à 19h05.