Médias/Télé

La direction du groupe ne réduira pas le nombre de soirées consacrées à « Envoyé Spécial » et « Complément d’enquête », et prévoit une suppression de 3 ETP.

Les amateurs d’« Envoyé Spécial » et de « Complément d’enquête » peuvent pour l’heure se rassurer. La périodicité de ces magazines d’investigation du jeudi, menacée la semaine dernière d’être réduite à une édition par mois, ne sera finalement pas modifiée. Les arbitrages finaux communiqués ce mardi à la mi-journée par la direction de France Télévisions prévoient un maintien en 2018 de trois numéros par mois, en alternance avec « L’Emission politique » de Léa Salamé.

30 ETP en moins à l’info

Par ailleurs, les suppressions de postes envisagées sont finalement revues à la baisse, et concernent trois ETP (équivalent temps plein) pour « Envoyé Spécial » et « Complément d’enquête ». En ce qui concerne l’ensemble du secteur de l’information (JT de France 2 et de France 3 national, franceinfo et le numérique), les effectifs, qui sont aujourd’hui de 1340, « devront être réduits au global de 30 ETP au cours de l’année en réinterrogeant nos modes de fonctionnement et nos méthodes de travail », a précisé à ses équipes Yannick Letranchant, le patron de l’information à France Télévisions. « Dans un contexte budgétaire contraint, l’entreprise réaffirme que l’information est la première priorité du service public et veillera en 2018 comme au-delà à préserver son offre, son indépendance et sa qualité. C’est dans cet esprit que son budget est construit et préservé. »

Alors que le groupe France Télévisions est tenu, par le gouvernement, de réaliser 50 millions d’euros d’économies dès l’année prochaine, Delphine Ernotte avait d’abord envisagé de se séparer de 66 équivalents temps plein (dont 33 CDD ETP non renouvelés sur les magazines « Envoyé Spécial » et « Complément d’enquête »). Cette annonce avait provoqué une bronca des salariés du groupe, lesquels s’étaient livré à un gros travail de lobbying dans la presse et sur les réseaux sociaux – Elise Lucet, en charge de la soirée du jeudi sur France 2, avait fini elle aussi fini par exprimer son inquiétude, lundi, sur son compte Twitter : « Les magazines du jeudi sont en danger. C’est l’indépendance de l’info qui est en jeu pour des raisons budgétaires… ».

« A qui le tour ? »

Les salariés réunis en Assemblée générale jeudi dernier avait même menacé la patronne de France Télévisions d’une motion de défiance si elle ne les recevait pas et n’amendait pas les pistes d’économies annoncées par Yannick Letranchant. Delphine Ernotte a finalement reçu les représentants des salariés à 15 heures ce mardi. Résumant l’état d’esprit général, Thierry Vildary, représentant CE et CCE, nous glissait après cette annonce : « Cela n’enthousiasme personne. Car chacun se dit : " à qui le tour" ».

Une nouvelle AG devait d’ailleurs se tenir à 16h30, pour décider de la mise au vote ou non de la fameuse motion de défiance.