Médias/Télé C'est un temps que les journalistes qui n'ont pas vingt ans au compteur ne peuvent pas connaître et... au fond ils ont vraiment raté l'occasion de faire la connaissance d'un confrère mais aussi d'un formateur hors pair... En apprenant la mort de Frédéric François, je me suis dit qu'en ces temps de dévalorisation générale de notre métier, le plus beau du monde, soit dit en passant, je me devais de rappeler quelques temps forts de nos pérégrinations communes. 

D'abord celle du professeur de journalisme qui nous a initiés comme d'autres aux ficelles du métier lors d'un séminaire toujours très suivi lors de notre dernière année d'études à Louvain avant que nous ne prenions le camion de déménagement pour le plateau de Lauzelle...
Frédéric -Freddy pour les intimes- adorait tellement ce petit plus à sa carrière qu'il n'hésitait pas à nous rassembler même les jours où l'Alma Mater tournait au ralenti pour cause de grève estudiantine. Pour casser le mouvement ? Que nenni pour nous montrer de près l'évolution d'une crise pour que le cas échéant nous soyons prêts à empoigner un Nagra pour aller vraiment sur le terrain. 

Bigre, il avait raison notre prof... rien de tel que de nous inviter à mettre les mains dans le cambouis. Et c'est ainsi que nous avons mieux compris et pu analyser les tenants et aboutissants de la grève contre les projets de réforme de l'enseignement supérieur du duo Humblet -De Croo (père...) Et ça nous incita même à nous mobiliser et à nous faire jeter comme un malpropre à la Chambre. 

Frédéric François s'égara lui-même dans la politique sous la bannière du PSC... Pas vraiment son choix le plus judicieux. Pas parce qu'il avait choisi le camp social-chrétien mais parce qu'il était bien trop honnête à une époque où il y avait pourtant encore de la place pour les idéalistes... Là aussi il nous a mis en garde contre certaines tentations. 

Dieu merci, le grand journaliste et reporter au-dessus du lot vivait toujours en lui et nous avons eu le bonheur de le retrouver à la fin de sa carrière sur le terrain de ses exploits notamment dans ce Congo qui n'était plus belge mais qui n'était plus non plus le Zaïre de Mobutu...
Merci cher Frédéric François de vous avoir connu à la RTBF avec ou sans F mais surtout de vous avoir connu "en vrai".