Georges Pradez, «perle» des ondes

P.F.L et G.d.B. Publié le - Mis à jour le

Médias/Télé

Dans les couloirs de la RTBF, certains chuchotent que c'est «Pierre Bellemare qui aurait oublié de vendre des aspirateurs». A quelques mois de ses 65 ans, Georges Pradez prend congé des ondes. Une carrière de près de quatre décennies s'achève...

Sa carrière radiophonique commence en 1964. Après avoir été animateur au Club Med, il croise la route de Robert Stéphane, ancien administrateur de la RTBF. «J'ai engagé Georges Pradez en 1964 lorsque j'étais responsable du studio de Liège, qui préfigurait en fait le premier centre de production régional. Tous les matins, de 9 à 12 heures, nous diffusions une émission radio animée par un couple de présentateurs. Georges animait l'une d'elles avec Laurette Charlier. Ça s'appelait le Magazine F, la première émission féminine féministe de l'histoire de la radio. Nous étions par exemple les seuls à diffuser des échos de la grève des femmes de la FN, que le journal parlé ne voulait pas traiter! Georges et Laurette parlaient de psychologie, des femmes au travail, de recettes... Pradez a dû faire ça pendant au moins quinze ans. Ils avaient aussi lancé le jeu du «ni oui ni non», un énorme succès populaire. Georges était une vedette à tel point que RTL, qui émettait depuis Bruxelles, avait décidé de se replier sur Luxembourg. Il est avant tout un homme de la parole. C'est probablement l'une des personnes les plus drôles en société que je connaisse. Il a un sens de l'imitation et du récit incroyable. Il a un plaisir formidable à s'exprimer en public. Pour la radio, c'était une perle.»

De la spontanéité!

Quarante ans après ses premiers pas, il part à la retraite. Jusque mardi dernier il présentait encore deux émissions: «Big Palou», le mercredi, qui vise à donner la parole aux jeunes, et «Boulevard du temps», les quatre autres jours de la semaine. Aujourd'hui, il passe le témoin à la jeune Lionelle Francart qui, depuis cinq ans, présente en sa compagnie «Boulevard du temps».

«Quand je suis arrivée un peu par hasard à «Boulevard du temps», je ne le connaissais pas. Mais en cinq ans, j'ai découvert un homme formidable, incroyablement talentueux, un animateur qui restera dans les annales de la RTBF. Il m'a donné une superbe formation qui me marquera tout au long de ma vie. J'ai découvert une manière de faire de la radio que je n'imaginais pas du tout, très spontanée. Il n'est jamais bloqué dans des textes. L'inspiration lui vient en s'asseyant en face de son invité. Ce ton met en confiance les invités. Il lui permet aussi de toucher tous les publics, même sur des sujets «sérieux». Il les aborde toujours de manière simple et profonde, en mettant de l'humain dans tous les sujets. Il m'a certainement appris à ne pas me mettre de limites, à se dire que tout est possible. Très grand professionnel, il était capable de passer en un instant du rire au sérieux. Son départ va laisser un manque.»

Plus qu'un homme de radio

Georges Pradez est bien plus qu'un homme de radio. Homme de communication, il a fait de la télé - notamment des caméras cachées -, du doublage de dessins animés («Boule et Bill», «La Flûte à six Schtroumpfs»), présenté d'innombrables galas en Belgique et en France... mais ses centres d'intérêt sont encore plus larges. Passionné de maquettes, il a fabriqué celle de la maison des Princes, visible au Musée de la Dynastie. L'aviation devrait lui offrir une reconversion. Le Musée de l'Air lui a demandé d'intégrer son équipe. II compte bien accepter la proposition.

Ce jeudi, après un dernier «Boulevard du temps» dont il sera l'invité, une fête est prévue dans les locaux de la RTBF. Un au revoir qui lui arrachera certainement quelques larmes.

«J'ai déjà préparé mes kleenex.» Car en plus, c'est un homme sensible.

© La Libre Belgique 2003

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