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La police a interpellé notre confrère lors des débordements à Charleroi ce samedi soir alors qu'il filmait les scènes de violence.

Le photographe journaliste Patrick Lefèbvre n'a pas encore fermé l'œil. Après une nuit blanche passée en cellule dans le commissariat de Charleroi, difficile de se remettre de ses émotions. Notre confrère ne comprend toujours pas ce dimanche matin pourquoi il a été privé de liberté alors qu'il filmait les scènes de violence survenues samedi soir à Charleroi dans le cadre des manifestations des Gilets jaunes. Et ce n'est pas la réaction de la police qui va l'aider à mieux comprendre le motif de son arrestation. 

"Après avoir passé la nuit dans une cellule de 2 mètres sur 3, sans même avoir droit à un verre d'eau, on est venu me chercher à 7 h ce dimanche matin, en me disant : 'Voilà, vous pouvez partir'. J'ai croisé un gradé de la police de Charleroi en sortant, il s'est simplement excusé pour les autres", relate notre confrère qui ne voit dans son arrestation qu'une décision arbitraire. "Comme l'expliquer autrement ? Je filmais les interventions, une fois du côté de la police, une autre du côté des Gilets jaunes. Je portais clairement ma carte de presse autour du cou ainsi qu'un gilet orange marqué 'Presse' au dos. Un policier m'a dit que je n'étais qu'un faux journaliste et j'ai ainsi été embarqué alors que je filmais du côté du Sporting de Charleroi".

Emmené au commissariat tard ce samedi soir, Patrick Lefèbvre reçoit pour seule explication qu'il est arrêté administrativement pour une durée de 2 à 12 heures. "Et on m'a enfermé en cellule. Je n'ai évidemment pas dormi de la nuit. Ce matin, aucune audition, rien. Simplement des excuses d'un policier croisé en sortant. Conclusion : on peut vous arrêter sans motif et vous faire passer une nuit en cellule alors que vous n'avez fait que votre travail", regrette Patrick Lefèbvre dont la dernière vidéo tournée samedi soir, démontre les circonstances de son arrestation.