Harry Roselmack refuse l’étiquette de "dernier porte-parole de Merah"

Caroline Grimberghs Publié le - Mis à jour le

Médias/Télé

Harry Roselmack était l’invité du Grand Journal ce lundi soir. En cause, la décision qu’il a prise de rendre public, lors de l’émission « 7 à 8 », les enregistrements des échanges entre Mohammed Merah, le tueur de Toulouse, et les négociateurs du Raid. Il justifie ce choix face à l’avocat des victimes de l’école Ozar Hatorah.

Me Klugman, avocat, explique : « Quand je lui ai dit que ces sons avaient été publiés, mon client ne pouvait pas y croire ! (…) Je n’accepte pas que Mohammed Merah, post-mortem, par le biais de ce bavardage avec le raid, soit le maître de ses actes et que ses paroles soient son testament. Cela va donner à manger à des gens qui sont ses adorateurs ». Harry Roselmack, soutenu par la direction de TF1, entend bien répondre et ne pas laisser sa déontologie journalistique être mise en cause même s’il déclare, dès le début de l’échange : « Cette émotion, je la comprends. (...) Cette émotion, nous l’avons anticipée et elle doit nous appeler à la responsabilité ». Mais le journaliste enchaîne : « En aucun cas, elle ne doit être un élément de censure. (...) Nous avons considéré qu’il y avait, dans ce document, des éléments d’information importants à apporter à la connaissance du public. (...) Il n’y a rien de sensationnaliste dans le document tel que nous l’avons traité. Il apporte des infos sur le parcours, l’embrigadement de Mohammed Merah, sur la manière dont se sont menées les négociations, sur la manière dont il a berné certains de ces interlocuteurs ».

Le Monde publie aussi des extraits de ces échanges mais Me Klugman estime que le résultat entre presse écrite et média audiovisuel est différent. Quand Harry Roselmack l’interroge : « Nous avons le même document et nous en faisons une exploitation, sur le fond, très similaire et nous n’aurions pas le droit de les diffuser ? », l’avocat répond : « Est-ce que vous comprenez que la famille des victimes n’ait pas envie d’entendre la voix de l’assassin de leur enfant se balader sur Internet ? ».

Un échange vif entre deux points de vue opposés. « Je suis journaliste. Vous êtes avocat. Le droit d’informer existe de la même manière que le droit de tout justiciable à être défendu » se défend Roselmack, soutenu par les journalistes de Canal + présents sur le plateau. Le point de vue de l’avocat est bien différent : « C’est un œuvre de propagande et donc de désinformation. Vous livrez les derniers mots d’un homme qui sait qu’il est perdu, qui est dans une idéologie salafiste et qui est en train de construire sa propre statue. (...) Je crois que diffuser la barbarie, c’est y participer. Je regrette que vous ayez été, bien involontairement, le dernier porte-parole de Mohammed Merah » accuse Me Klugman.

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