Médias/Télé Une police sous influence si l’on en juge par cette enquête. Arte, à 20 h 50.

Pendant cinq ans, deux journalistes indépendants, le Français Mathieu Martiniere et l’Allemand Robert Schmidt, ont enquêté sur l’Organisation internationale de police criminelle. Interpol - Une police sous influence ? *** montre combien cette police mondiale est sous-financée. 

C’est pourtant grâce à elle que des individus appartenant à des organisations terroristes ou criminelles peuvent être identifiés et arrêtés lors d’un contrôle de routine, n’importe où dans le monde. 

Au Rwanda, 10 ans après le génocide, des responsables n’avaient pas été appréhendés. Interpol, en coopération avec la Cour pénale internationale, a lancé en 2004 un dispositif permettant l’identification et l’arrestation de 40 personnes dans 14 pays.

La sécurité des citoyens au 2e plan

Deuxième organisation internationale après les Nations unies, Interpol n’a pas un budget à la hauteur de sa mission. 

Les contributions des 192 pays membres dépassent à peine les 50 millions d’euros. A titre de comparaison, le budget du FBI américain est d’environ 7 milliards, soit 60 fois plus. Si les pays membres sont si peu enclins à la générosité, c’est que les budgets proviennent de leur propre police. Et beaucoup d’Etats ont connu des restrictions budgétaires.

En 2000, l’Américain Ronald K. Noble, nommé secrétaire général, entreprend une vaste réforme. 

Premier non-Européen à la tête de l’institution, il applique des méthodes radicalement différentes de celles de ses prédécesseurs. Il engage alors Interpol dans des partenariats public-privé avec des multinationales telles que le cigarettier Philip Morris, des institutions accusées de corruption telles que la Fifa et des Etats controversés tels que le Qatar ou les Emirats arabes unis.

Cette enquête coproduite par Arte et Cocottes minute Productions montre aussi le manque de coopération entre les Etats sur le partage des données. 

En 2016, des informations croisées auraient pourtant réussi à prévenir la vague d’attentats. A l’aune de la collusion entre pouvoir économique et pouvoir politique - magistralement démontrée - la confiance entre les Etats membres ne risque pas de s’améliorer. La sécurité des citoyens non plus.