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Le CSA a critiqué jeudi "un manquement aux exigences d'honnêteté et de rigueur" de l'émission de l'animateur controversé Jean-Marc Morandini sur iTÉLÉ, dont les salariés en grève exigent le départ, et a agité la menace de sanctions contre la chaîne. Le régulateur a également mis en cause l'absence de comité d'éthique au sein de la chaîne d'information en continu du groupe Canal+.

"Faute de remédier à ces manquements", iTÉLÉ "s'expose à des procédures de sanction", avertit le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), alors que la chaîne est en grève depuis 18 jours.

Le CSA avait été saisi par des téléspectateurs et des salariés d'iTÉLÉ, qui réclament une charte éthique, un projet précis et des moyens accrus, en plus du départ de l'animateur vedette Jean-Marc Morandini, mis en examen "pour corruption de mineur aggravée".

La décision du CSA a été accueillie "avec satisfaction" par la rédaction, selon un journaliste. "On n'a encore rien gagné", a-t-il cependant tempéré.

Parallèlement à ces deux "mises en demeure", le CSA souligne qu'il demeure "très attentif" à la nette séparation "entre information et divertissement" sur iTÉLÉ. Il sera également "particulièrement attentif" à ce que la chaîne de Vincent Bolloré "formule des propositions pour rétablir une offre de programmes qui contribue au pluralisme de l'information".

La direction de la chaîne avait annoncé à ses salariés qu'iTÉLÉ, en prenant bientôt le nom de CNews, deviendrait "une chaîne d'info à 90%".

Le régulateur souligne également que "la persistance du conflit social" qu'iTÉLÉ connaît depuis bientôt trois semaines "est de nature à affaiblir durablement la rédaction".