Médias/Télé

Réalisateur et journaliste à l’INR et à la RTBF mais aussi à France Télévision, Jean Antoine était né à Bruxelles en 1930, il est décédé ce jeudi 12 mai à Paris, à l’âge de 86 ans.

Coriace et tenace, cet homme de culture et d’âme se sera battu pendant vingt ans avec la maladie qui rodait à ses côtés depuis la funeste transplantation d’un rein cancéreux.

Marié depuis 1975 avec Mali, belle Japonaise qui le seconda avec ferveur dans plusieurs films sur la culture nipponne, ce qui lui valut d’être honoré par Jacques Chirac et nommé Chevalier de l’Ordre national du Mérite et d’accompagner le Président français au Japon, Jean Antoine fut le baroudeur des arts et de la culture.

Entré à l’INR en 1953, il y présenta la première dramatique télévisée. Passionné de littérature et de poésie, il participa à la création du département culturel de la télévision belge.

Et si l’un de ses hauts faits demeure la longue série d’émissions qu’avec Philippe Dasnoy il consacra à l’URSS de 1967 à 1968 dans « Les Soviétiques », si en 1979, il commit deux longues émissions sur la « Chine immémoriale », c’est avec ses interviews-portraits de grands artistes contemporains qu’il frappa durablement les esprits.

De Magritte à Warhol

En 1956, il avait épousé en premières noces Evelyne Axell (1935-1972), comédienne et plasticienne, dont la récente reconnaissance internationale doit tout à l’inébranlable action que mena Jean Antoine durant un demi-siècle pour que grâce soit rendue à « La Vénus aux plastiques », immortalisée par la cinéaste Françoise Levie en 2012.

Jean Antoine a donné vie à l’art et aux artistes à la TV, de Magritte à Warhol, d’Alechinsky à Niki de Saint-Phalle, de Duchamp à Tinguely et à tant d’autres.

Homme aux multiples talents, curieux et animé, chaleureux et disert, il s’en est allé sur la pointe des pieds car il est un moment où lutter n’est plus de mise.

Puisse la télévision belge nous remontrer ses reportages, des perles du genre !