José van Dam : auto portrait

Martine D. Mergeay Publié le - Mis à jour le

Médias/Télé

Ce n’est pas moi qui ai choisi le métier, c’est le métier qui m’a choisi On est un grain de sable dans cet univers de musique On est là pour servir la musique et pas pour se servir de la musique." Sur fond de la fameuse (et bien triste) chanson à boire de "La Jolie fille de Perth" de Bizet, quelques sentences de notre baryton-basse national servent de jingle à Au cœur de la musique : José van Dam H H, feuilleton diffusé quotidiennement sur La Première depuis le 5 avril, prélude aux adieux de José van Dam à La Monnaie (en mai prochain).

Faire le portrait de José van Dam est un exercice paradoxal : il s’agit de l’homme le plus ouvert, le plus proche, le plus simple qu’on puisse imaginer, adorant "rigoler" - ce sera le discret leitmotiv du feuilleton, s’exprimant sans détour, recourant parfois au bruxellois de son enfance pour mieux se faire comprendre (mais sans doute pas des Français ); mais il s’agit aussi - et surtout, dans ce cas - d’un des plus grands artistes lyriques de son époque.

Ainsi, dès que celui devenu le baron Joseph van Damme, dit José van Dam, commence à donner des noms (parlant de ses premières expériences musicales et professionnelles), c’est pour citer, toujours avec modestie, des icônes : après sa rencontre décisive, à 12 ans, avec Annie Ehrat, sa "maman musique", après ses études dans la classe de Frédéric Anspach, "qui lui dit de se taire", le jeune José côtoie Gabriel Dussurget à l’Opéra de Paris, et, deux enjambées plus loin, Lorin Maazel à Genève, et Herbert von Karajan à Berlin (très belle évocation, avec des interventions de Karajan lui-même !) ; le voilà sur scène avec Mirella Freni, Jon Vickers et Hildegard Behrens, il a à peine plus de vingt ans

Cette période d’ascension fit l’objet des cinq premiers numéros du feuilleton exclusif que signent Jacques Bauduin (interview), Dominique Vasteels (conception et réalisation) et Alain Hannart (réalisation technique). A partir de ce lundi, José van Dam est devenu le grand chanteur que l’on sait : aux enregistrements crachotants de son enfance succèdent les enregistrements de référence, avec les plus grands orchestres et les plus grands chefs ; Figaro, Leporello, Escamillo, Golaud, Sachs, Saint François, les citations défilent, toujours somptueuses par la musicalité, la diction, le pouvoir dramatique, la "noblesse", et nous y voilà : le grand mot - qui résume l’art de van Dam - est finalement lâché par l’intéressé lui-même, non pour qualifier ce qu’il fait (pensez-vous !) mais bien ce chant auquel il a consacré sa vie.

L’artiste de la maturité parlera de ses expériences au récital (si exposé), au cinéma (si amusant), de son travail de professeur à la Chapelle Musicale et de ses innombrables projets. On entendra divers témoins, dont notre consœur Michèle Friche, auteure d’un ouvrage captivant sur le chanteur, et Gérard Mortier, qui eut la géniale intuition, au début de son mandat, de proposer à José Van Dam une résidence à la Monnaie.

On applaudira encore la virtuosité des enchaînements musicaux et, seul bémol, on déplorera le sentimentalisme de la conclusion, empruntée au "Maître de musique" et frisant l’impair.

"Au cœur de la musique : José van Dam", une production 100 % La Première. Encore du lundi 12 au vendredi 16 avril dans "Printemps Première".

Les cinq épisodes précédents sont réécoutables sur www.lapremiere.be et et disponibles en podcast.

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