Médias/Télé

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), qui présente ce jeudi son rapport d'activités 2017, a enregistré un nombre record de plaintes de la part du public. De 161 en 2016, le nombre de plaintes est passé à 392, soit une croissance de 143%! Sur ce total, 303 plaintes ont concerné la télévision.

Dans une longue interview accordée à La Libre Belgique (qui sera publiée en intégralité ce vendredi), Karim Ibourki, président du CSA depuis novembre, commente cette véritable explosion du nombre de plaintes. "Si le nombre de plaintes a augmenté de 143%, cela s’explique surtout par deux cas très médiatisés, indique-t-il. Il y a eu, d’abord, l’affaire Cyril Hanouna (NdlR: lors de l’émission “Touche pas à mon poste!”, diffusée sur la chaîne française C8 et, partiellement, sur Plug RTL, l’animateur avait “piégé” sur antenne des homosexuels, NdlR). On a eu près de 90 plaintes sur ce cas précis, qui ont toutes été transmises au CSA français pour être traitées. L’autre cas, c'est  l'émission “C’est vous qui le dites” de Benjamin Maréchal, diffusée sur Vivacité (RTBF), qui a généré 16 plaintes".

Une autre explication donnée par le président du CSA tient à"l’intérêt "de plus en plus marqué" des citoyens pour ce qui se passe dans les médias audiovisuels. "Ils ont un comportement plus critique et ils se tournent plus vite vers nous. De façon générale, on voit que les gens interagissent plus avec les médias qu’auparavant et qu’ils questionnent davantage les pratiques des médias professionnels. De ce point de vue, la croissance des plaintes est aussi un signe de reconnaissance du travail du CSA".

Si le nombre de plaintes a atteint un nombre record en 2017, la proportion de plaintes jugées irrecevables ou classées sans suite l'a été tout autant. En bout de procédure, le CSA n’a finalisé que 8 rapports d’instruction (avec 6 griefs établis et 3 sanctions), contre 7 en 2016. "C’est exact, réagit Karim Ibourki, mais il ne faut pas croire qu’un classement sans suite d’une plainte ou une plainte jugée irrecevable ne génère pas de travail. Au contraire! Chaque classement sans suite est la conséquence d’une analyse de nos experts. Par ailleurs, le CSA a toujours eu une culture du dialogue avec le secteur audiovisuel et le public. On se fait un devoir de répondre à chaque plaignant dans des délais raisonnables et, à chaque fois, d’explique  pourquoi il y a un transfert vers un autre régulateur ou pourquoi il y a un classement sans suite".