Médias/Télé

"Nous sommes des marionnettes de la télé"; "J’ai été boycottée"; "Il y a eu tricherie", voilà autant de dénonciations de la part de la candidate de la 11e édition de Koh-Lanta, à Raja Ampat. Même si le spectateur avisé s’en doute déjà, cette Verviétoise de 29 ans (elle habite Petit-Rechain) parle de son aventure dans son livre polémique - aux éditions La boîte à Pandore - et non autorisé par la production, La face cachée de mon Koh-Lanta.

De l’aide de la production durant les épreuves (des plongeurs qui défont des nœuds sous l’eau pour l’équipe adverse) aux coups de pouce sur la vie de camp (des bâches en plastique pour contrer les tempêtes, de la nourriture plantée sur l’île par la prod) en passant par des questions orientées durant les conseils ("En interview, nous ne pouvions pas dire ce que nous voulions car nous étions écoutés et, au moindre écart, la communication était coupée"), Ella Gbezan balance tout sur son passage. Celle qui était arrivée en 4e position de l’émission (elle échoue à l’épreuve d’orientation qui voit la victoire de Gérard au final) jette un autre œil sur le jeu depuis non pas son éviction, mais la diffusion de son Koh-Lanta. "J’ai vécu une aventure magnifique et six mois plus tard, je découvre complètement autre chose à la télé, déplore-t-elle. Les journalistes et même Denis Brogniart (le présentateur de l’émission, NdlR) profitent de notre état de faiblesse, du manque de nourriture, de notre vulnérabilité pour nous faire dire des choses. Nous sommes des marionnettes de la télévision. Ils font ce qu’ils veulent de nous."

L'équipe technique rallumait le feu

Même si elle admet avoir vécu dans des conditions extrêmes en matière de survie et d’hygiène ("En quoi ça changerait le jeu que l’on nous fournisse du papier toilette ? J’ai dû me retenir 15 jours jusqu’au jour où le médecin m’a dit que ça pouvait être dangereux de se retenir"), cette diplômée en psychologie enfonce encore le clou en réglant ses comptes avec la production qu’elle juge manipulatrice. "Sur l’île déserte, du manioc était fourni par la production"; "L’équipe technique nous rallumait parfois le feu quand il était éteint par la pluie" ou encore que, comme leur arrivée sur l’île (sauf lors des captures vidéo), ils se rendaient aux épreuves en bateau et non au pas de course !

Peut-on parler aussi de tricherie ? "Oui, il y en a eu. L’équipe des jaunes a été aidée par un plongeur de la prod pour défaire les nœuds sous prétexte que les candidats avaient des soucis pour y parvenir eux-mêmes. Moi, j’en ai défait trois sur quatre. J’y ai presque laissé mes dents, et mon souffle !"

Bref, des images souvent totalement détournées de la réalité d’Ella. La production lui ayant collé l’étiquette de "malhonnête" et de "tricheuse" en "favorisant Teheiura" qui faisait partie de la même saison qu’elle. "Au vu du montage, je comprends pourquoi les gens ne m’aiment pas ! C’est comme si je m’étais fait gifler par la prod. Ça laisse une empreinte, un goût amer. Je comprends que des candidats de téléréalité se suicident. Si seulement mon livre pouvait apprendre aux jeunes qu’il ne faut pas juger les autres seulement sur l’image qu’ils perçoivent."