Médias/Télé Conférences, concerts, projections et débats vont doper les chantres de l’Afrofuturisme.

Comme en 2016, Africa is/in the future va s’employer à prouver durant deux journées que l’anticipation n’est pas réservée aux geeks blancs rêvant de la Silicon Valley. Le terme d’Afrofuturisme, d’abord utilisé par des Afro-Américains, a été adopté depuis une dizaine d’années par des auteurs et cinéastes d’Afrique du Sud, du Nigeria, du Zimbabwe, du Kenya ou du Ghana, comme l’auteur Jonathan Dotse qui imagine Accra en 2057 sur son blog AfroCyberPunk.

Comme l’an dernier, le focus est avant tout mis sur les productions nées en Afrique même si l’événement s’ouvre aussi aux créations de la diaspora.

Une Afrique urbaine

"Notre volonté est de montrer l’Afrique dans sa modernité avec ses ancrages urbains afin d’abolir les idées reçues sur le cinéma africain", explique Rosa Spaliviero du Cinéma Nova. L’équipe de la rue d’Arenberg, à l’origine de la première édition, a été rejointe cette année par celle de l’ASBL PointCulture qui s’est chargée d’élargir le champ d’investigation en faisant davantage de place aux débats et conférences. La combinaison des lieux - PointCulture pour les conférences en après-midi et le cinéma Nova pour les projections et concerts en soirée - souligne cette étroite collaboration à laquelle s’associent également le Goethe Institut et le CEC.

L’édition 2017 s’ouvre aussi à la musique, principalement urbaine puisque les défis à relever par la cité seront au centre de toutes les réflexions durant deux jours.

Architecture et musique

Vendredi dès 15h à PointCulture, Fabio Vanin, professeur à la VUB, s’intéressera à la réponse que des villes comme Lagos, Luanda, Nairobi, Kinshasa, Durban ou Johannesburg apportent à leurs défis quotidiens en matière de gestion et de croissance. "Des problématiques face auxquelles citoyens et artistes font souvent preuve d’une inventivité qui contredit les poncifs associés au continent noir."

Suivront à 16h30 et 17h30 deux performances d’artistes. Au menu : un mix de sons du passé et de musique électronique avec "Afrika sound" de Rebel Up et la performance d’Ozferti, mêlant Tezeta éthiopien et Afrobeat nigérian.

A 20h, au Cinéma Nova, on pourra suivre l’évolution du regard de trois cinéastes sur la ville de Kinshasa, de 1983 à 2015, avec "Kin Kiess" de Mweze Ngangura et "Kingelez" de Dirk Dumon, suivis à 22h de "The Tower" de Sammy Baloji et Fillip Deboeck. Soit trois visions d’une ville tentaculaire qui cherche sans cesse à se régénérer.

Samedi, de 14h à 18h, trois conférences feront le point sur les notions d’Afrofuturisme (avec la réalisatrice Pascale Obolo et le duo ghanéen-mozambicain, Gato Preto), de science-fiction (15h30-16h30, avec la journaliste Oulimata Gueye) tandis que Jean-Christophe Sevrant, du mensuel "Géo", évoquera, de 17 à 18h, "L’Afrique entre futur et avenir".

A 19h30, cap sur le Nova qui explorera la musique d’Angola (Kuduro) et d’Afrique du Sud (Gqom), à travers deux films explorant ces genres musicaux tournés vers le futur. En prélude au concert de Gato Preto et son "Afropunk intersidéral" à 22h.Karin Tshidimba