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La RTBF négocie actuellement la cession de sa participation dans le capital de RMBI (filiale internationale de RMB, la régie publicitaire de la RTBF). L'opération pourrait dégager la coquette somme de 1,2 milliard de francs On dit que la Communauté française pourrait s'emparer d'une partie de la plus-value, comme elle l'avait fait l'an dernier avec les actions détenues par la RTBF dans Canal+ Belgique. C'est bien votre intention?

Lorsqu'une filiale fait du bénéfice ou réalise une plus-value, l'argent retourne logiquement à la maison mère. L'erreur serait de penser que la RTBF est la maison mère de RMB ou RMBI. Ce n'est pas le cas: l'actionnaire unique de la RTBF, c'est la Communauté française. L'argent investi dans RMB et RMBI n'est donc pas l'argent de la RTBF, mais des fonds de la Communauté fructifiés par la RTBF, radio-télévision de service public. Ne transformons pas la RTBF en un holding réalisant des coups financiers! Mais ceci ne présage en rien la manière dont nous pourrions affecter les moyens issus d'une revente des parts RMBI.

Quelle pourrait être cette affectation?

Nous en débattrons le moment venu. Une chose est très claire: les moyens disponibles devront être affectés à des investissements et non à des dépenses structurelles, que ces investissements se fassent dans la RTBF ou dans d'autres secteurs de la Communauté française. Quand on connaît la situation financière de la Communauté, et qu'on sait ce que peut représenter un montant de 1,2 milliard, il serait indigne de considérer que cet argent doit être automatiquement ristourné à la RTBF. Mais je ne serai pas plus précis à ce stade.

En plein débat parlementaire, Ecolo avait lancé un appel à la «départicratisation» de la RTBF. Les recommandations parlementaires apparaissent assez timides sur ce point

Si les recommandations sont traduites dans le contrat de gestion, on peut s'attendre à de véritables changements. Je pense notamment à l'organisation d'examens de recrutement avec appel public. La RTBF ne peut pas se passer des meilleurs éléments; cela passe par des examens ouverts à tous.

La politisation des fonctions ne devrait-elle pas s'arrêter aux portes du conseil d'administration?

Si pas aux portes du CA, en tout cas pas en deçà des trois plus hautes fonctions: administrateur général, directeurs de la télévision et de la radio. Ce n'est évidemment pas encore le cas.

© La Libre Belgique 2001