L'arrivée d'Audrey Pulvar crée un malaise aux Inrocks

AFP Publié le - Mis à jour le

Médias/Télé

Thomas Legrand a annoncé à Télérama qu'il quittait Les Inrocks en réaction à l'arrivée d'Audrey Pulvar comme directrice de l'éditorial, jugeant "impossible" de rester car le "journalisme politique est avant tout une lutte contre la communication politique".

"Dès que j'ai su qu'Audrey Pulvar arrivait. Je n'y ai pas cru au début, ça me semblait impossible !", a expliqué le journaliste politique, qui signe également des chroniques politiques sur France Inter et sur le site internet Slate.

"Je n'ai rien contre elle. Je ne crains pas la censure, ni ses relectures orientées. Je sais qu'elle me laisserait libre. Je ne mets pas en cause sa capacité de schizophrénie...", a-t-il ajouté.

"Forcément, elle aura des infos: si elle les dit, elle trahit son compagnon (le ministre Arnaud Montebourg, ndlr). Si elle ne les dit pas, elle trahit son journal et sa condition de journaliste. Pour moi, c'était impossible de rester", a dit Thomas Legrand.

"Le journalisme politique, c'est avant tout une lutte contre la communication politique, un contre-pouvoir institutionnel. Un journal traitant de politique ne peut pas être dirigé par quelqu'un d'aussi impliqué personnellement dans la vie politique du pays", a-t-il ajouté.

Audrey Pulvar, compagne du ministre du Redressement productif, a été nommée vendredi directrice en charge de l'éditorial des Inrockuptibles. Elle forme un tandem avec Arnaud Aubron, directeur en charge du développement de l'hebdomadaire. Les deux journalistes remplacent David Kessler, qui a quitté la direction des Inrocks pour rejoindre le cabinet du président de la République, François Hollande.

Dans une interview accordée lundi à l'AFP, elle a déclaré que l'hebdomadaire ne serait "ni une annexe, ni une chambre d'écho, ni un organe du parti socialiste, du gouvernement ou du chef de l'Etat".

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