Médias/Télé

Vous l'avez sûrement déjà vue. Mais vous ne vous rappelez pas forcément de son nom. La série «Tous sur orbite» est ce documentaire sur l'espace, l'astronomie et l'astrophysique qui brisent les interminables tunnels de publicité juste avant le journal télévisé de la RTBF. Cette série de «microprogrammes» est composée de 261 épisodes de 2 minutes. Au fil des saisons, la production française (qui est déjà passée sur FR 3) fait vivre, jour après jour, un an d'aventures de notre Terre autour du Soleil. Chaque jour, les mystères du système solaire y sont révélés d'une façon simple, divertissante et magique. On y apprend, on y découvre, on y explore et à chaque fois - c'est ça la prouesse -, on comprend. Que ce soit la découverte de la gravité avec le compère Newton et sa pomme, l'exploration des constellations du zodiaque, des comètes (Halley, Hale Bopp...), les solstices d'été et d'hiver, les traces de vie sur Mars... Quelques lignes, juste ce qu'il faut de couleurs, un mouvement judicieux, l'ensemble attelé au commentaire ciselé de Stéphane Freiss et, tout en deux minutes, se fait limpide comme un clair de lune. Que l'on ne s'y méprenne pas: le dépouillement ne doit rien à l'indigence: les images de synthèse ont nécessité de la part de Fantôme Animation plus de 30 000 heures de calculs, et 400 000 images en 3D. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la RTBF a déjà prévu de le rediffuser en 2003.

Retour à la case «Homicide»

FAIM DE SÉRIES

C'est l'une des très bonnes acquisitions du service Fictions de la RTBF et l'une des agréables découvertes de 1999. Apparue en 1993 aux Etats- Unis, «Homicide» se distingue par son style cinématographique, par la densité de ses scénarios et l'évolution de ses personnages. Ne promettant ni happy end, ni morale édifiante, elle s'incruste au coeur de la brigade criminelle de la ville de Baltimore et s'attache à décrire les moeurs de ces duos d'enquêteurs confrontés chaque jour à la violence conjugale et urbaine. C'est après avoir lu le livre-enquête du journaliste David Simon («Homicide: A year ont the killing streets») que le cinéaste et producteur Barry Levinson décida avec Tom Fontana de transposer l'ouvrage pour le petit écran, donnant naissance à un portrait sans compromis d'un service policier. Langage, doutes et ravages, mode de vie et processus d'enquêtes, tout est passé au crible afin de décrire, avec soin, un métier prenant mais déstabilisant. Les inspecteurs Bayliss, Pembleton, Kellerman ou Howard n'en ressortent que plus humains même si leur destin prend parfois des accents de tragédie. Est-ce cet excès de noirceur qui a nui au succès de la série aux Etas-Unis? Ou au contraire son style proche du documentaire donnant la première place à l'humain et aux dialogues plutôt qu'aux coups de feu, sans masquer les désaveux? Toujours est-il qu'en six ans de présence sur le petit écran, «Homicide» fut souvent menacée et il fallut tout le poids de ses géniteurs pour la maintenir en vie. Pour le plus grand plaisir des amateurs de polars de qualité.

Homicide, deux épisodes chaque vendredi vers 21h30 sur La Une.

© La Libre Belgique 2001