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INTERVIEW

La chaîne d'informations économiques et financières bilingue Canal Z/Kanaal Z, apparue en mai 2000 à l'initiative du Financieel Economische Tijd et de Roularta Media Groupe, vit peut-être ses dernières heures. Et ce en dépit du plan de restructuration mis en place en mars dernier et qui était censé permettre de `rétablir la rentabilité de la chaîne à court terme´. Le groupe Roularta, devenu entretemps actionnaire majoritaire et qui gère seul aujourd'hui l'exploitation de la chaîne, a ainsi annoncé lundi ne plus pouvoir écarter l'hypothèse d'un licenciement collectif. Pour autant, tout espoir n'est pas perdu. Le point avec Rik De Nolf, administrateur délégué de Roularta.

Où en est-on à ce stade?

Nous négocions avec ceux qui sont intéressés par une prise de participation dans l'activité de la chaîne, ce qui permettrait de la maintenir en vie. C'est simple, pour la faire fonctionner pendant un an, nous devons trouver quatre partenaires prêts à mettre chacun un million d'euros sur la table.

Ces partenaires potentiels, êtes-vous allé les chercher ou se sont-ils manifestés spontanément?

Les deux. Nous étions en contact avec certains groupes et l'annonce des difficultés en début de semaine a suscité plusieurs réactions spontanées.

Comment expliquez-vous les problèmes récurrents de Canal Z/Kanaal Z?

Les problèmes de Canal Z sont liés à l'apathie du marché publicitaire, qui frappe tout particulièrement les secteurs qui sont justement stratégiques pour une chaîne qui diffuse de l'information économique. Ce sont les banques, les assurances, les nouvelles technologies, etc. Cette frilosité, qui est unique à ma connaissance depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, affecte d'une manière générale tous les médias qui ont un positionnement similaire. Nos titres `Trends´ et `Trends/Tendances´ en ont par exemple aussi souffert au cours du premier semestre.

La formule n'est donc pas en cause selon vous...

Non. D'ailleurs les audiences sont plutôt bonnes. Nous touchons avec les deux chaînes une audience moyenne de 300000 individus sur base journalière, et de 600000 sur base hebdomadaire.

Roularta est également actionnaire de la Vlaamse Media Maatschappij, qui englobe notamment VTM et Kanaal 2. La situation est-elle meilleure sur le plan publicitaire pour ces deux chaînes?

Oui. Et de loin. Elles ont enregistré de très bons résultats sur les trois premiers trimestres de l'année, meilleurs mêmes qu'en 2001. Mais la différence, c'est que toutes deux ont pu compter sur des annonceurs plus dynamiques.

Pensez-vous que la tendance va s'inverser?

Je suis certain que ça va s'améliorer. Le tout est de savoir quand. Je crois qu'une fois passé cette phase transitoire tout ira beaucoup mieux. Le tout est de trouver des partenaires pour tenir jusque-là.

Sinon?

Sinon il faudra se résoudre à arrêter la diffusion et entamer une procédure de licenciement collectif tout en cherchant à recaser un maximum de personnes.

© La Libre Belgique 2002