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Bande dessinée. En 2004, Jacques Tardi se lançait dans un travail titanesque : raconter en BD la guerre de 14-18. Le résultat, ce sont les six tomes du "Journal de guerre", dont le dernier volet, consacré à l’année 1919, est paru il y a une quinzaine de jours, tout comme le second volume de la compilation "Putain de guerre !" (1917-1919). A cette occasion, Tardi sera l’invité de Thierry Bellefroid, ce mardi à 22 h 45 sur La deux, pour un Millefeuilles spécial, entièrement consacré à son univers si particulier, où le polar et le cinoche côtoient les anars et évidemment la guerre de 14. Celle qui devait être la der des ders, celle qui a vu son grand-père mourir gazé parcourt en effet toute l’œuvre de Tardi, depuis son tout premier album "Adieu Brindavoine", paru en 1974 chez Casterman. Un travail prolongé notamment avec "La véritable histoire du soldat inconnu" ou encore "C’était la guerre des tranchées", unanimement salué en 1993.

Dans la foulée de "Millefeuilles", La deux programme à 23 h 50 (à vos magnétoscopes ) Putain de guerre ! HH , excellent making of signé Thomas Boujut de cette série de bande dessinée pas comme les autres. En effet, à voir au travail Tardi et son complice Jean-Pierre Verney, auteur des textes historiques de "Putain de guerre !", on comprend que le duo ne fait pas seulement œuvre d’artistes mais aussi d’historiens. Car ils n’hésitent pas à remettre en lumière des questions taboues, comme les Fusillés pour l’exemple (cf. ci-contre), les 600 000 âmes errantes (les soldats français, allemands et britanniques disparus pendant la guerre) ou encore les Gueules cassées On accompagne ainsi le dessinateur dans les réserves de Verney, lequel a accumulé tellement d’objets sur la Première Guerre mondiale qu’il est en passe d’ouvrir son propre musée ! Plus tard, on suit le tandem lors de leurs innombrables séances de repérages, arpentant les anciennes tranchées, les anciens forts ou champs de bataille, les cimetières militaires, traquant chaque petit détail. Tandis qu’à sa table de dessin, Tardi s’inspire de photos afin d’être le plus réaliste possible. Car, même si son style est reconnaissable entre tous, pour chaque costume, chaque pistolet, le bonhomme cherche à coller au plus près de la vérité historique. H. H.