Médias/Télé Olivier Monssens raconte la part oubliée de l’histoire du disco. La Une, 22h10.

A la fin de la guerre du Vietnam, les hippies, fatigués, laissent place à une nouvelle vague. La libération sexuelle et le mélange des couleurs sont accélérés grâce à la naissance du disco. "Danser pour oublier la crise" devient l’état d’esprit des jeunes qui remplissent les clubs. Si ses origines sont afro-américaines, l’histoire du disco s’est aussi écrite en Europe "grâce à de fabuleux alchimistes de studio", restés dans l’ombre. Comme le montre Olivier Monssens dans son documentaire Disco Europe Express H H, des productions françaises, allemandes, belges, italiennes et suédoises ont atteint les sommets des classements américains.

Des producteurs et DJ reconnus

Premier morceau disco enregistré à Munich, en Allemagne, "Fly Robin, fly" devient numéro 1 aux Etats-Unis et fait entrer la ville dans la courte liste des foyers du genre. Une place qui se confirme dès la sortie du tube "Love to love you baby", chanté par Donna Summer et composé par Giorgio Moroder, 77 ans aujourd’hui.

Débarque alors une série de compositeurs allemands et français avec des hits qui suivent le même tempo : un rythme binaire avec un "kick" à tous les temps pour faire vibrer les boîtes de nuit. Avec l’arrivée du synthétiseur, le disco devient futuriste, voire cosmique mais surtout très technique. De nombreux producteurs européens, comme ceux d’ABBA, Telex, Kraftwerk ou Boney M, deviennent crédibles grâce à des morceaux enregistrés avec une précision inégalée.

Ce qu’Olivier Monssens ne manque pas de rappeler, outre les origines et la montée du mouvement disco, c’est le rôle joué par les DJ dans les années 70 et 80. En effet, l’on doit la plupart des gros succès du genre au fait que des morceaux se sont retrouvés, souvent par hasard, dans les mains de ceux qui ont fait danser des milliers de jeunes dans les clubs, comme pour "Daddy cool" et "Soul Makossa".

Musique et tolérance

Le documentaire est riche de ses nombreux intervenants de marque (Marc Cerrone, Tom Moulton, Simon Le Saint, Leroy Gomez…) et de ses images d’archives. Un voyage gorgé de couleurs et de rythmes entraînants qui rappelle aussi que la courte vie du disco s’est accompagnée d’un mouvement d’émancipation des femmes et des homosexuels. Si des "fragments du disco" de l’époque s’immiscent dans les tubes actuels, il a pourtant connu une fin violente lorsqu’en 1979, un DJ américain organise une "nuit de démolition". Des dizaines de milliers de personnes cassent et brûlent des vinyles dans un stade. Mais "le disco n’est pas mort" comme le confirme Giorgio Moroder.