Médias/Télé

Vendredi, nos confrères de "Sud Presse" révélaient un nouveau transfert au sein de l’audiovisuel. Après les départs des animateurs Thomas van Hamme et Stéphane Pauwels en septembre 2011 (pour RTL), la RTBF - qui n’a pas souhaité réagir - renonce à présent au savoir-faire de Christophe Deborsu, l’un des journalistes les plus confirmés du service public.

Présentateurs des premiers journaux sur Vivacité, de "Projet X", de "Mise au point"; journaliste d’actu et d’investigation pour "Questions à la une" ou/et pour les journaux télévisés, ses casquettes furent multiples. Parfait bilingue, l’homme - qui avait demandé à Yves Leterme de chanter la Brabançonne et avait obtenu la Marseillaise - rejoindra donc la maison de production flamande "Woestijnvis" (en partie détenue par le holding audiovisuel "De Vijver", propriétaire des chaînes VT4 et VijfTV) le 1er mai 2012, bénéficiant probablement d’un congé sans solde. Après Sofie Lemaire (ex Studio Brussel) et Gilles De Coster (ex-Radio 1), il s’agit du 3e journaliste "débauché" par ladite société de production.

"Je ne sais pas ce que j’y ferai précisément, excepté que je participerai à une nouvelle émission en prime time en septembre sur VT4 présentée par Tom Lenaerts. On ne sait même pas encore quelle en sera la forme. On y parlera "actu chaude" mais ici encore c’est tout ce que je sais. Serai-je chroniqueur ? Je ne sais pas. Tout est encore en développement." D’autres collaborations au sein du holding audiovisuel sont-elles envisageables ? "Pourquoi pas ?" D’autant que son départ de la RTBF n’a "rien de définitif".

Après 24 années de carrière à la RTBF, Christophe Deborsu se dit "reconnaissant" d’un service public "qui a toujours soigné ses collaborateurs" - et avec lequel il négocie les modalités de son "départ" - "Je sais ce que je dois à la RTBF. Travailler pour eux c’est un gage de crédibilité, un cachet, mais j’avais besoin de changement. Dans 15, voire 17 ans, je serai bientôt à la retraite. Recommencer une seconde carrière en Flandre, c’est une façon de la clore en beauté. D’autant que, grâce au Fonds Prince Philippe, j’ai eu la chance de faire un stage à ‘Woestijnvis’en 2000 et j’en suis ressorti béat d’admiration. J’ai toujours voulu travailler pour eux. Ils ont des nouvelles idées géniales à chaque réunion, ils sont ultra dynamiques. A l’époque, je pensais sincèrement qu’ils allaient révolutionner le petit monde le la télé. Quand le patron m’a appelé pour me faire cette proposition d’engagement, j’ai donc naturellement répondu présent."

Christophe Deborsu dément par ailleurs la rumeur selon laquelle l’un de ses reportages consacrés à Elio Di Rupo (pour l’émission "Questions à la une") - et apparemment "gênant" - aurait été mis à l’index par la direction. "Si mes images n’ont pas été retenues c’est parce que je me suis désengagé du projet avant la fin. Au départ, nous pensions que la charge de travail imposerait au moins la présence de deux journalistes. Finalement, ça n’a pas été le cas. J’ai donc laissé à ma collègue le soin de s’en charger."

Notons par ailleurs que si les transferts publics/privés sont monnaie courante, il n’en va pas de même concernant les transferts Nord/Sud. Christophe Deborsu rejoindra par conséquent Martin Buxant (ancien journaliste politique de "La Libre Belgique" qui a rallié la rédaction du quotidien flamand "De Morgen" fin 2011) sur la petite liste des journalistes francophones prêts à franchir la barrière linguistique.

Des transferts toutefois "appelés à se multiplier" selon M. Deborsu - auteur du livre "Dag Vlaanderen, Hoe Walen echt leven en denken". "Depuis la crise de 2007, les Flamands se sont rendus compte qu’ils ne pouvaient plus se priver du point de vue de l’autre communauté et se contenter d’une vision mono-colorée des analyses politiques, des points de vue, des clichés. Il y a, je pense, une véritable prise de conscience intellectuelle flamande de cet enrichissement que procure l’ouverture sur l’autre. Enrichissement personnel mais aussi professionnel, tant pour le journal que le magazine qu’il soit papier ou télé."

Autre transfert, (annoncé lundi matin dans "Le Soir"), celui de Fabrice Grosfilley - rédacteur en chef adjoint chargé de l’actualité politique à RTL - pour "Télé Bruxelles". La nouvelle a été confirmée hier soir par RTL Belgium, précisant que Grosfilley continuera à exercer ses responsabilités au sein du groupe privé jusqu’au 31 juillet prochain. Le conseil d’administration de la télé locale a donc approuvé sa candidature au poste de rédacteur en chef et directeur de l’information (en remplacement de Philippe Jourdain). Chroniqueur et blogeur politique d’origine française, rédacteur en chef des JT de 2008 à 2011, en charge des interviews politiques du matin sur Bel RTL, le journaliste négocierait, lui aussi, les modalités de son départ. Pour le remplacer, RTL ne communique aucun nom même si certains sont fortement pressentis (Mathieu Col, Loïc Parmentier ou Frédéric Delfosse). Le journaliste aura en charge la réforme de la politique éditoriale du journal mais également des magazines.