Médias/Télé

L'interdiction faite vendredi au service russe de la BBC de diffuser en FM a fait réagir la presse russe hier. "Il y avait une coutume en Russie...", titrait en Une la "Gazeta", déclinant au passé une formule célèbre de l'époque soviétique, quand la population écoutait illégalement la radio britannique : "Il y a une habitude en Russie d'écouter la BBC la nuit." Le journal évoque l'"aspect politique" de cette suspension, survenue après la récente crise diplomatique entre Londres et Moscou suite à l'affaire Litvinenko.

Le journal économique "RBK Daily" voit aussi dans cette affaire "des raisons politiques" et pense que la BBC ne sera plus autorisée à diffuser en FM, alors qu'elle a déjà été plusieurs fois privée d'ondes en Russie. "L'information est de plus en plus contrôlée par l'Etat, et il est peu probable qu'il y reste une place pour des médias étrangers" , commente dans "RBK" un dirigeant de groupe médiatique sous couvert de l'anonymat.

Hier, l'Institut international de la Presse a lui aussi déploré, par la voix de son président Johann Fritz, cette interdiction, redoutant qu'elle n'ouvre une nouvelle ère de limitation de la liberté de la presse comme à l'époque de la guerre froide. "Depuis 2000, le gouvernement russe a resserré son emprise sur les médias, en particulier l'audiovisuel", a-t-il ajouté, en précisant que plusieurs organisations non-gouvernementales étrangères ont également subi les pressions de la part des autorités russes. Il a appelé celles-ci à "faire davantage pour le respect du droit du peuple russe à la pluralité de l'information, provenant à la fois de sources nationales et internationales".

La BBC avait annoncé vendredi dernier avoir perdu son dernier partenaire russe, la station moscovite Bolchoïe Radio, qui a dû mettre fin à ce partenariat pour pouvoir conserver sa licence. La chaîne britannique a indiqué vouloir faire appel de cette décision administrative. (AFP)