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En 2004, plus que jamais, la Belgique s'est interrogée sur son unité tout en se rassemblant autour de ses morts. C'est la Belgique des héros et des rites... Tel est le point de vue adopté par Actuel ** dans un «Spécial images de l'année» (la une, 20h20). Au firmament des héros, on retrouve les pompiers du drame de Ghislenghien. Emotion collective autour d'un deuil qui, au coeur de l'été, emporta 24 personnes et rassembla l'ensemble de la population belge. Même émotion et même recueillement, quelques semaines plus tôt, lors de la découverte de la dépouille de la petite Elisabeth Brichet, victime d'un Fourniret dont le pays découvre le visage et les horreurs.

La Belgique sortait à peine de quatre mois du procès le plus médiatisé de son Histoire. L'affaire Dutroux a connu son épilogue; Sabine et Laetitia peuvent entamer une pénible reconstruction.

Autre procès, autre épilogue avec le procès Cools en début d'année. La page est tournée.

Mais la Belgique se fissure. Plus que jamais? Année électorale, 2004 a démontré que Flamands et francophones évoluaient de plus en plus sur deux planètes déconnectées. Vols de nuit, droit de vote des étrangers, arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde, Vlaams Belang,... Jusqu'aux récents propos du prince Philippe, poussant la presse du nord et du sud à creuser encore un peu plus le gouffre communautaire. «Jamais la Belgique n'a autant tenu à un fil», résument Myriam Lanotte et Patrick de Lamalle, auteurs du volet belge de cette rétrospective. La Belgique continue pourtant à exister, et à jouir de reconnaissance, sur la scène internationale. Elle prend alors les traits de Mathilde (en princesse humanitaire), de Henin et Merckx (à Athènes), de Poelvoorde (à Cannes), de Frédéric Flamant (à Marseille),... (P.-F.L.)

© La Libre Belgique 2004