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L'affaire remonte à la fin de la semaine dernière. `La Dernière Heure´ en a ébruité les détails dans ses éditions de ce vendredi: chroniqueur à `Cyber Matin´ sur La Première RTBF, José Cordovil a été licencié pour faute grave. Sur le champ. L'intéressé n'aurait d'ailleurs pas nié les faits desquels il était accusé.

Selon nos informations, plusieurs personnes connectées sur le réseau auraient remarqué au cours de la semaine dernière des ` anomalies ´ dans leur boîte de réception. Après enquête interne, l'évidence est apparue que quelqu'un s'était introduit de façon irrégulière dans ces boîtes personnelles. Alerté de la chose, Jean-Paul Philippot aurait averti le service informatique de la RTBF. Une fois la nature du problème identifiée, son responsable M. Breuer aurait porté plainte à la police. Le journaliste est passible de peines sévères, en vertu de la nouvelle loi sur la criminalité informatique (cfr. ci-contre).

Du côté du boulevard Reyers, on garde le silence sur cette affaire embarrassante et sur laquelle l'administrateur général n'aurait guère transigé. En début de mandat, celui-ci aurait indiqué à plusieurs personnes considérer le piratage informatique comme la faute grave par excellence. Philippot aurait encore ajouté qu'il se montrerait implacable envers les auteurs de pareils faits.

Journaliste diplômé de l'Ihecs, José Cordovil était entré à la RTBF-radio par la grande porte il y a un peu plus de deux ans, à la faveur d'un stage. Il assumait la présentation des journaux de la nuit sur La Première et avait aussi la charge d'une rubrique `Cyber´, sans être pour autant spécialisé dans les nouvelles technologies.

Et pour preuve: la manière dont le journaliste se serait introduit dans le réseau de la RTBF ne nécessiterait aucune connaissance particulière en informatique. A-t-il réellement téléchargé un programme sur Internet? Rien n'est moins sûr. Le plus vraisemblable est que le `pirate´ ait eu accès au mot de passe de l'administrateur réseau, ce qui lui ouvrait grand les portes vers l'ensemble des boîtes de courrier électronique de Reyers.

En interne, plusieurs personnes ont déjà pris sa défense, indiquant que Cordovil n'avait certainement aucune ` intention de nuire ´. Sans l'excuser, ceux-là parlent de ` grosse bêtise ´, commise sans volonté de ` subtiliser ou de transférer des documents à caractère confidentiel ´. A ce jour, Cordovil n'est plus salarié du service public. L'enquête de police déterminera les sanctions à envisager.

© La Libre Belgique 2002