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ENTRETIEN

Le débat sur la RTBF devient chaotique. Cela fuit à tous les étages. RMBI, changement d'administrateur-général ou de statut: plus une journée ne se passe sans nouvel élément. Cette fois c'est Rudy Demotte, chef de file des socialistes au gouvernement de la Communauté française qui se fâche contre les méthodes de ses collègues. `Les annonces unilatérales de projets de modification du statut de la RTBF par le ministre Richard Miller, puis par le groupe Ecolo à la Communauté sont à la limite de la déontologie et sont politiquement dangereuses. Je l'ai dit ce matin au gouvernement, il faut retrouver une logique consensuelle dans la majorité. Pour la RTBF, il y aura un projet négocié par tous les partis du gouvernement et il n'est pas question de tenir compte de propositions parallèles apportées par des groupes politiques au Parlement´. Rudy Demotte s'en prend aussi à Ecolo pour avoir annoncé la veille qu'il était temps de remplacer Christian Druitte. `C'est une erreur tactique majeure de vouloir décapiter des têtes alors qu'on est en pleine négociation RMBI. Ecolo est devenu nécrophage. On verra plus tard les responsabilités dans cette affaire qui sont bien plus larges que celles du seul Druitte´.

Sur le fond, le ministre du Budget et de la Culture approuve certains points des textes annoncés mais il en refuse d'autres. A Miller, il répond sur le problème du dialogue avec les syndicats et des élections sociales. Il s'étonne qu'on veuille promouvoir un dialogue avec la base, mais qu' `aucune discussion, ni préalable, ni à postériori n'ait été faite, avec les représentants syndicaux, sur le projet de décret comme sur les suites RMBI ou sur le fonds de pensions par exemple. Il y a pour le moins un décalage entre le discours et la pratique´. Demotte n'est pas opposé à des élection sociales à la RTBF, `mais pas comme annoncé´. `Il faut, dit-il, rétablir la condition qu'une liste doit avoir une représentativité minimale et réelle (c'est à dire compter au moins comme adhérents 10 pc de la population concernée). Je m'étonne qu'on ne parle pas de la protection des délégués et qu'on ne reprenne pas la nécessité d'un comptage réel des affiliés´, un comptage réclamé en vain par la CGSP. Rudy Demotte n'estime pas utile de créer encore `une couche de lasagne´ avec un comité de concertation. La commission paritaire actuelle peut très bien jouer ce rôle, dit-il. Et on peut lui donner davantage de pouvoir et rendre la concertation obligatoire. Ce comité de concertation lui semble d'ailleurs bien politique.

Il approuve la volonté de mieux contrôler la RTBF. Mais, dit-il, `les propositions Miller ne changeront pas grand chose´. Il faut les compléter par une véritable charte de l'administrateur public qui l'oblige à donner l'information nécessaire. Il faut former les administrateurs et renforcer le rôle de l'actionnaire public. Il est aussi favorable à une sélection des candidats administrateur-général, non par le CA mais par un jury composé de personnalités de premier plan de l'audiovisuel public européen (France 2, VRT, etc..). Place maintenant à la négociation dans la majorité.

© La Libre Belgique 2001