Médias/Télé

Pour la première fois, iTunes a renoncé à sa commission pour reverser intégralement à l’Association française contre les myopathies (AFM) le fruit de la vente du titre "Arc-en-ciel". Cette chanson composée pour l’AFM il y a quelques années par Patrick Bruel et l’écrivain Amanda Sthers, a été choisie comme hymne pour ce 27e Téléthon. Accompagné en studio par les chanteurs Bénabar et Cali, et par Marina Russo, une jeune fille atteinte d’amyotrophie spinale (une maladie orpheline), Patrick Bruel est aussi le parrain de l’édition 2013.

Pourquoi avoir accepté ?

Ils me le demandent depuis longtemps. J’ai participé à quasiment tous les Téléthon et j’ai été deux fois parrain du Télévie en Belgique. J’ai évacué le problème des dates en acceptant l’année dernière en direct d’être le parrain de cette édition du Téléthon. Je suis honoré et fier de faire partie de cette magnifique aventure.

C’est aussi une responsabilité.

La machine est très forte. Mais j’ai envie de battre le record, pas le record absolu du Téléthon d’avant la crise, mais j’espère que nous atteindrons les 100 millions d’euros de promesses de dons (contre 81 millions en 2012).

Comment allez-vous mobiliser les gens ?

Je vais essayer d’avoir un discours pas forcément convenu, assez clair. On va solliciter la solidarité des gens, qui est mise à l’épreuve. Essayer d’aller chercher les gens moins globalement. Tout le monde n’a pas le même regard sur les choses et n’a pas les mêmes moyens. On est frappés de voir que les plus démunis sont les plus prompts à donner, mais il y a aussi ce sentiment de culpabilité quand on a très peu de moyens de se dire : "Je préfère ne rien donner plutôt que de donner peu." Je veux aussi transmettre l’expérience très forte que j’ai vécue au Généthon. J’ai parcouru le centre. Les médecins m’ont expliqué et montré pourquoi cet argent était là. Ces 200 chercheurs sont des individualités extraordinaires, qui se mettent au service de quelque chose qui n’est pas ordinaire, et donnent beaucoup d’espoir dans la manière dont les progrès avancent. Dans l’esprit des gens, les chiffres du Téléthon sont énormes. Mais le Généthon a besoin de 120 millions d’euros pour tenir.

Vous êtes particulièrement investi ?

Comme tous les parrains que j’ai croisés. Chacun fait de son mieux avec ses armes, avec sa manière aussi de se blinder. Il n’y a pas longtemps, au "Make a Wish" (de la RTBF, NdlR), à l’initiative de Maurane, je n’ai pas pu m’empêcher de craquer, comme Franck Dubosc l’an dernier au Téléthon. C’est pour cela que je mets aussi l’humour en avant, parce que la gravité est là de toute façon. Comme disait un grand professeur d’art dramatique, René Simon : "Quand un texte est triste, ce n’est pas la peine de le dire triste." Même s’il a des moments très graves, un peu de légèreté, d’humour ne peuvent pas faire de mal. L’humour est la politesse du désespoir. Ce qui peut se dégager d’une soirée comme celle-là, c’est beaucoup de gaieté, de joie, parce que ces enfants donnent beaucoup de joie.

Votre souvenir le plus marquant du Téléthon ?

Ce sont les rencontres avec les enfants. Je suis en contact avec des enfants malades depuis le début de ma carrière. On reçoit pendant les concerts, avant et après, des enfants qui nous sont amenés par des associations. Il y en a qu’on a continué à suivre, certains ont guéri. L’autre jour à Marseille, une personne accompagnant une enfant malade, que j’ai reconnue, m’a montré une photo d’elle, malade, il y a dix ans. Elle a guéri et s’occupe maintenant d’autres enfants. C’est ainsi que j’ai découvert la relation de ces enfants à la maladie et à leur entourage. Les enfants remontent toujours le moral des troupes. Ils ont une force et une acuité étonnantes. Ce sont eux qui nous poussent.

Le fait d’être père change-t-il votre vision de l’aventure ?

Oui. On mesure encore plus la chance qu’on a quand on est père d’enfants valides. Mes enfants sont au courant qu’il y a des enfants qui ont beaucoup moins de chance qu’eux.