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A l'instant, j'achève la lecture du livre brillant et attachant de Françoise Lalande "Une Belge méchante" (Le Grand Miroir). On y disserte beaucoup sur les belgicismes, la belgitude et je trouve par exemple à la page "septante-quatre" : "Je me souviens d'une promenade dans une forêt belge en compagnie de cet éditeur et de notre recherche du mot qui désignerait en français, le petit bout de tissu cousu au col des manteaux et qui permet de les attacher à la patère, en Belgique on le désigne par un mot délicieux dans sa sonorité naïve, "une lichette", mais en France les lichettes sont plus volontiers "de vin"..." Georges Lebouc propose une réponse bien complète dans son Dictionnaire de Belgicismes : la lichette est une attache, une chaînette, une cordelière ou un petit cordon cousu dans le col d'un vêtement (manteau ou veston) ou sur une serviette et servant à la suspendre. Exemple : La lichette de mon paletot est pétée ! Comme le français de référence n'a pas à sa disposition, poursuit l'auteur, de mot correspondant au "lichette" belge, on a proposé, sans succès, attachette et accrochette. Hanse a trouvé un exemple dans "Le matrimoine" d'Hervé Bazin : "Tous les torchons ont deux accrochettes : quand le bas est sale, on le retourne pour se servir du haut." Le Robert pense que ce mot lichette vient de "liset", ruban. De son côté, Christian Delcourt dans Dictionnaire du français de Belgique donne cet exemple découvert dans "L'art culinaire et ménager" d'Elen-Simon en 1937 : "On fait les époussettes avec du vieux linge, sans boutons, ni trop de coutures. On les suspend par une lichette".