Médias/Télé  Une démonstration interpellante de ce qu’endure la grande bleue. A 22 h 05 sur La Une.

La Méditerranée ne représente que 1 % de la totalité des océans dans le monde mais c’est 10 % de la biodiversité marine", lance un expert en guise d’introduction. Le joyau de notre continent attire chaque été plus de 300 millions de touristes, pas étonnant donc que la Méditerranée soit la première destination touristique au monde. Elle se classe malheureusement aussi en tête des mers les plus polluées. En cause ? Le tourisme de croisière, mais pas seulement.

Les paquebots, deux fois plus nombreux en Méditerranée qu’il y a dix ans, polluent les villes où ils s’arrêtent et la santé des touristes. Alors que l’Espagne continue ses efforts pour attirer toujours plus d’entreprises de croisière dans ses ports, les politiques ne bougent pas tant que le lien entre le tourisme de masse et l’état de santé de la mer et de ses citoyens n’est pas établi.

Une zone maritime vulnérable

Comme le démontre le documentaire La Méditerranée va-t-elle passer l’été ? H H, le tourisme n’est pas le seul coupable dans la mise en danger de la grande bleue. Témoignages d’experts inquiets à l’appui, les réalisateurs se sont rendus aux 4 coins de la mer pour observer l’ampleur des dégâts. Entre les îles grecques, à côté des bateaux de croisière se faufilent les cargos de fret, aussi très polluants. Aussi absurde que cela puisse paraître, aucune régulation de ce trafic incessant n’est mise en place en Grèce. Cela se résume en "cauchemar" pour les associations qui expliquent que la mer Egée est une zone à haut risque. Malgré les dizaines d’accidents et les litres de pétrole perdus dans les eaux, les promesses du gouvernement se font attendre.

Et ça, c’était la partie la plus visible du drame. Car le documentaire, qui n’abuse jamais des chiffres ni conclusion moralisatrice, révèle la contamination industrielle et la surpopulation aux abords de la Méditerranée.

Un épuisement biologique

Au Liban, le littoral est surpeuplé. Pour offrir de la place aux projets immobiliers et stocker les déchets, ceux-ci sont empilés à côté des plages. Les responsables sont connus : lobby, entreprises, politiques, chacun semble ne penser qu’à ses propres intérêts. La Tunisie ne connaît malheureusement pas un meilleur sort. Une usine à engrais jette ses déchets directement dans la mer et a ainsi fait fuir les familles de pêcheurs qui travaillaient dans cette zone. Un désastre écologique et économique auquel le gouvernement n’a pas encore décidé de réagir.

Entre ces démonstrations, les réalisateurs proposent des cartes de la Méditerranée qui révèlent l’étendue des excès qui la tuent à petit feu. Hélas, pas de solution miracle pour les téléspectateurs qui continueront à profiter de ses plages en vacances. C’est l’absence d’une "volonté politique puissante de s’attaquer au sujet qui fâche" qui nous rapproche d’un risque interpellant : voir la Méditerranée devenir la plus grande mer morte du monde. Quand l’intérêt écologique passera-t-il avant l’intérêt économique ?