Médias/Télé

Si vous ne résidez pas en région liégeoise, radio Ciel n'évoquera sans doute pas grand-chose à vos oreilles d'auditeurs habitués de la bande FM francophone. Et pour cause : en dehors de la province de Liège, Ciel ne peut toujours pas compter sur des fréquences dignes de fournir un confort d'écoute suffisant dans les autres régions du sud du pays.

Créée à Seraing autour de la fréquence 102.2, la radio fut l'une des pionnières du paysage radiophonique privé de la Communauté française au début des années 1980. Radio Ciel Seraing, relancée en 1999 au lendemain d'une faillite, restera longtemps confinée dans son pré carré liégeois malgré des ambitions d'atteindre le statut de réseau communautaire (au même titre que Bel RTL, Contact, Nostalgie, etc.).

Depuis quelques mois, le vent est en train de tourner pour Ciel. "On a toujours eu l'ambition de créer un réseau autour de Ciel. On a attendu patiemment l'élaboration d'un plan de fréquences. Et on attend toujours...", explique Michèle Lempereur-Mathot, directrice générale de Ciel. Des tentatives de rapprochement furent menées avec Sud Radio (installée dans le Hainaut) et les télés locales. Ce fut à chaque fois un échec. Parallèlement, Ciel a pris possession de fréquences disponibles à Bruxelles (97.8), Namur (87.6), Charleroi (101.9), Mons (89.9) ou encore La Louvière (90.1). Une occupation qui aura permis à Ciel de grandir mais sans encore pouvoir s'assurer une couverture communautaire.

Objectif ? Deuxième réseau !

Alors que l'on reparle depuis peu du dépôt imminent d'un nouveau plan de fréquences par la ministre de l'Audiovisuel, Fadila Laanan, Ciel peut enfin espérer concrétiser ses ambitions grâce, notamment, à son association avec le groupe de presse IPM (éditeur de "La Libre" et la "DH"). IPM est en effet entré dans le capital de Ciel en 2005 à concurrence de 50 pc. Les deux partenaires, qui cohabiteront dans le nouveau siège bruxellois d'IPM d'ici la fin de l'année, ont déjà entamé certaines collaborations éditoriales (notamment avec le rendez-vous politique "Place publique", diffusé chaque dimanche matin). Et ce n'est là qu'un début. "Lorsque le nouveau plan de fréquences sera arrêté (et que l'appel aux candidatures sera lancé par le Conseil supérieur de l'audiovisuel, NdlR), nous revendiquerons le deuxième réseau communautaire, le premier devant en principe être occupé par Bel RTL", annonce Michèle Lempereur-Mathot. Et la directrice générale d'avancer deux premiers atouts d'une telle candidature. Un : IPM est le seul groupe de presse francophone belge à ne pas disposer d'un réseau radio (à la différence de Rossel et Médiabel). Deux : le nouvel actionnariat de Ciel est à 100 pc francophone (ce qui n'est pas le cas de Bel RTL, Contact ou Nostalgie).

Il y a un troisième atout : le nouveau projet éditorial de Ciel. "Ce projet, que nous mettons progressivement en oeuvre, tourne autour de trois piliers : l'info, le sport et la musique. Avec un coeur de cible fixé à 35 ans. C'est-à-dire un public qui veut être informé rapidement, de façon professionnelle, pluraliste et avec un ton décontracté", détaille la directrice générale et cheville ouvrière de Ciel. Ainsi, depuis plusieurs semaines, la rédaction de Ciel travaille en étroite collaboration avec la rédaction multimédias d'IPM afin d'assurer, sur antenne, la diffusion de "breaking news".

Mais, là aussi, de nouvelles synergies sont prévues dans les semaines et mois à venir. Ciel, une radio qui monte ? Cela va de soi...

© La Libre Belgique 2006