Médias/Télé

A l'entrée de l'hôtel Bedford, rue du Midi à Bruxelles, un écran plasma souhaite la "Bienvenue aux Nouvelles Stars". Plus loin, dans le couloir, des affichettes de recommandation : "Présentez au moins une chanson en français et une chanson rythmée. Qualités attendues : technique vocale et originalité dans l'interprétation. Montrez-nous votre personnalité." Avant d'exhiber l'ampleur de sa tessiture devant les coachs vocaux (le "vrai" jury, ce sera pour ceux qui passent ce premier test), il faudra battre le pavé. Longtemps, très longtemps. Certains attendent leur tour depuis les premières lueurs. Cupy (nom de scène), Sonny, Aline, Manuel et les autres ont fait connaissance dans l'interminable file. Cupy a empoigné sa gratte, et ils se sont mis à chanter ensemble. Comme ça. Une "Caravane" de Raphaël plus tard, ils ont beau venir de Lessines, Bertrix, Liège et Braine-l'Alleud, ils sont tous potes. Et pas stressés pour un sou : "C'est pour ça qu'on s'amuse à chanter. Pour oublier un peu, pour se réchauffer... On attend depuis 8h du matin, et on n'a pas vu le temps passer." L'attente avant le casting, Manuel, 32 ans, il connaît. "Je participe régulièrement à la Nouvelle Star depuis la deuxième saison. L'année passée, j'ai réussi à passer devant Marianne James (NdlR : désormais ex-jurée). Le jury a apprécié mon choix musical." Alors il retente sa chance, comme chaque année. Et d'entonner "Petit poisson se promenait dans l'eau..." d'une voix de fausset. Jean Barbera - qui s'est fait une carrière télévisuelle grâce à sa prestation désolante à la Nouvelle Star - n'a qu'à bien se tenir ! Plus loin dans la queue (au total, 4 000 personnes l'auront empruntée), des clones de Rihanna répètent. L'une d'elles, à qui l'on demande pourquoi elle pense être retenue : "Mais tu m'as vue ou quoi ? Je suis canon ! Je ne passe pas inaperçue, et chanter c'est toute ma vie." Les cheveux méchés côtoient les permanentes, les jeans troués frôlent les microjupes. Ici, une gothique, là-bas, un sosie de Jérémy Chatelain.Au tribunal

Amel vient de Lille pour l'audition. Elle patiente, épaulée par son coach qui travaille par ailleurs avec le prof de chant de la Star Ac', Richard Cross. Il croit à fond en son poulain, qui nous pousse une décoiffante "Natural Woman" sur le trottoir. Amel recevra sans doute son sésame pour le casting du lendemain, devant Lio, André Manoukian, Sinclair et Philippe Manoeuvre. Un nouveau jury que l'on attend intraitable. Mais avant cela, elle devra faire ses preuves devant un tribunal d'anonymes, issus du milieu de la musique. Mathieu Grelier est le directeur musical de l'émission. Il endosse aujourd'hui le costume d'écrémeur. "Vous avez déjà vu des chanteurs les mains dans les poches, vous ?", lance-t-il à l'ado timorée qui chante devant lui. "Non, mais j'en ai vus de moins stressés que moi." Joli filet de voix, mais ce sera non. Non, non, non. Trop mou, ne s'approprie pas la chanson... Les candidats défilent et les sentences se ressemblent. Une jeune femme s'essaie à Kate Bush, puis à Anouk. Dans le mille : "T'es vachement là quand tu chantes, tu prends le pouvoir, tu ne t'excuses pas d'être là..." Elle reviendra demain. Comme Rosario, 26 ans, de Liège, qui n'est pas tout à fait un inconnu. On l'a vu dans "Les hors-la-loi", une comédie musicale produite par Dove Attia. Particularité : les artistes y sont presque tous handicapés. Rosario souffre d'une infirmité motrice cérébrale. "Mon but premier, en venant ici, c'est de montrer que la personne handicapée a sa place dans l'art." Son deuxième objectif : rencontrer son idole, Sinclair. "Mais j'espère quand même être pris à l'émission, pour l'expérience." Verdict en janvier, sur Plug TV.