Médias/Télé

La première revue de grands reportages "24h01" n'est plus, après cinq ans d'existence. Une décision annoncée ce mercredi matin via la page Facebook.

Ce mook (contraction de "magazine" et de "book") n'a pas réussi à trouver un modèle économique viable et c'est à contrecœur que l'équipe (trois équivalents temps plein, des journalistes, des photographes ou des illustrateurs indépendants) est contrainte de jeter l'éponge.

"On reçoit beaucoup de messages depuis ce matin. Nous sommes tristes et ce n'est pas un sentiment agréable" , explique Catherine Joie, rédactrice en chef de "24h01". "Après, est-ce une surprise ? Oui et non. La situation financière était très fragile dès le départ."

Pas assez de ventes

Lancé en 2013, "24h01" était subsidié et avait beaucoup misé, dès ses prémices, sur le soutien de ses lecteurs. Pour être à l'équilibre, la rédaction aurait dû parvenir à vendre 2.650 exemplaires par numéro. Or, elle n'a réussi à en écouler "que" 1.800 exemplaires par sortie cette année.

L'équipe avait opéré plusieurs mues. Elle avait d'abord décidé de passer d'un rythme de parution semestriel à une publication trimestrielle à partir de mars 2017. Le magazine "100% indépendant" s'était résolu dans le même temps à s'ouvrir à la pub. L'été dernier, surtout, la rédaction n'avait dû sa survie qu'à un crowdfunding qui avait permis la récolte de 79.500 euros.

© IPM

Un déficit de communication

Une somme en partie utilisée pour sortir quatre nouveaux numéros, éponger les dettes et investir dans la communication. 

Des affiches avaient, ainsi, été affichées dans le métro bruxellois, l'équipe prévoyait aussi des spots radio avant sa "dissolution". 

"On était une petite équipe et on avait donc des moyens limités. La qualité du contenu primait, la communication était secondaire. On avait eu pourtant pas mal d’idées dans ce domaine ou pour des partenariats mais cette évolution était trop lente par rapport à nos ventes dont on dépendait."

Trop de mooks ?

Lorsque le premier numéro de "24h01" est sorti en 2013, le projet était novateur dans le paysage de la presse écrite belge francophone. La revue en a d'ailleurs inspiré d'autres. C'est le cas notamment de Médor ou de Wilfried. Des arrivées qui ont quelque peu saturé un marché somme toute de niche. "Y-a-t-il trop de mooks ? En général non. Sur le marché francophone belge : certainement. Beaucoup se sont créés sur un laps de temps assez court.On pensait que c'était possible de tous exister car nos lignes sont différentes et complémentaires. C'est un marché étroit pour tout le monde."

Malgré son arrêt, "24h01" aura donc eu au moins le mérite d'être une belle vitrine et un fer de lance pour le journalisme narratif en Belgique avec 13 numéros et 247 grands reportages et chroniques parus en 5 ans.