Médias/Télé

Tous les jours de la semaine (à 20 h 05 sur Arte Belgique), Eric Russon et ses chroniqueurs discutent arts plastiques, musique, danse, cuisine, design, bande dessinée, théâtre, littérature et cinéma. Le magazine culturel - pointu et suivi par 45 000 téléspectateurs en moyenne -, cessera toutefois d’émettre dès janvier 2015. Au grand dam des milieux culturels… "Le contrat qui nous liait à l’émission et la société de production arrive à son terme, fin décembre. Il ne sera tout simplement pas renouvelé", a confirmé lundi, la RTBF.

"45 000 téléspectateurs, ça peut paraître peu par rapport aux six millions de TF1, mais pour un type qui sort son premier album ou son premier bouquin, c’est énorme ! Même chose pour les théâtres de 70 places : imaginez, si seulement un vingtième des téléspectateurs décidait d’aller voir la pièce dont on parle dans l’émission, les théâtres en question ne pourraient même pas les recevoir. C’est donc important de remettre les chiffres en perspective", remarquait pertinemment Eric Russon, mercredi dernier, sur La Première.

S’inquiétant de la disparition des émissions de fond consacrées à l’actualité des arts en télévision, le journaliste évoquait également le risque de "ne parler que des Louis Bertignac et d’oublier les Toine Thys (saxophoniste belge et compositeur de musique de jazz, NdlR)". Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF, n’est d’ailleurs pas "insensible", dit-il, aux préoccupations et multiples interpellations du secteur de la culture. "Nous envisageons, poursuit l’administrateur, de créer un rendez-vous similaire, hebdomadaire (et non plus quotidien, NdlR.) dès 2015 et probablement sur La trois." En effet, dès janvier, l’offre culturelle de La trois (qui partage déjà son canal avec Ouftivi) sera renforcée, "mais il est encore trop tôt pour en parler", insiste le directeur de la programmation, Emmanuel Tourpe.

"Quai des Belges" est maintenu

La décision de mettre un terme à l’émission "50° Nord" fait suite à un accord budgétaire conclu au sein du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), la semaine dernière. Afin de réaliser 140 millions d’économie en 2015, de nombreux organismes publics - dont la RTBF - ont été priés de se serrer la ceinture. La dotation de la Radio-Télévision belge de la Communauté française (qui dépend financièrement de la Fédération), diminuera de 2,75 % l’année prochaine. Reyers devra donc réaliser 5,9 millions d’euros d’économie (lire "La Libre Belgique" du 14 octobre). La marque Arte Belgique (lancée en 2006) est quant à elle amputée de 2 millions d’euros, alors que sa dotation annuelle se chiffre à 3 millions.

Les deux autres émissions du label développé en collaboration avec Arte France - "Quai des Belges" et "Vlaams Kaai" - "sont maintenues", insiste l’administrateur général de la RTBF. "Nous poursuivrons leur diffusion soit sous leur forme actuelle, soit en l’améliorant légèrement tout en gardant leur esprit initial. Elles resteront mensuelles, en télévision et sur Arte Belgique."

Vidée - en partie - de sa substance, Arte Belgique "conserve néanmoins sa pertinence". "Toutes nos coproductions sont conservées, poursuit Jean-Paul Philippot. Nous poursuivons également une collaboration forte avec Arte France dans le cadre d’émissions de stock, sur des coproductions événementielles plusieurs fois par an. Ces soirées spéciales seront consacrées à mettre en avant la création en FWB."

Des accords avec la chaîne culturelle franco-allemande ont également été conclus pour intensifier les partenariats sur les plateformes numériques. En effet, Arte France est particulièrement créative et innovante sur le Web. "Il est prévu que nous accueillons leurs programmes sur notre site Internet et dans notre catalogue VOD. Nous coproduirons également un à deux webdocumentaires par an."