Médias/Télé

En termes d’audiences, la saison de septembre 2014 à juin 2015 est l’une des meilleures depuis sept ans , indique François Tron, directeur des antennes TV de la RTBF. Ça signifie que depuis plusieurs années, nous sommes dans une tendance positive qui fait que la RTBF, en télévision, fait partie des groupes publics européens en croissance. Ce qui n’est pas le cas partout en Europe. C’est lié à une croissance des trois chaînes avec une satisfaction particulière pour La trois qui progresse (à 1,4 % d’audience, NdlR.). C’est gratifiant car on l’a lancée il y a 5 ans dans un paysage déjà très concurrentiel avec une offre à la fois destinée aux enfants (Ouftivi est également en progression) et à la culture."

Le remaniement éditorial des trois chaînes était justement l’un des gros chantiers de la rentrée 2014. Face à la réforme des grilles d’après-midi sur RTL-TVI, La deux est passée d’une chaîne lifestyle et féminine à l’ "impertinence". Avec succès ?

Oui. On voit bien que ça produit ses effets, mais c’est un mécanisme lent car on ne change pas les habitudes du public du jour au lendemain. Le travail est déjà fait sur La une. Il est déjà bien entamé sur La deux et ça permet de consolider La trois avec des offres complémentaires et alternatives. La deux reste aussi une chaîne premium dans le sens où il y a de l’info, des magazines de société, culturels, du sport. C’est une chaîne généraliste. On a donc deux chaînes premium qui sont La une et La deux avec des objectifs qui ne sont pas les mêmes, bien que complémentaires.

Sur le chantier de la culture, la RTBF a essuyé de nombreuses critiques…

J’ai entendu beaucoup de choses et lu des reproches, c’est vrai.

Les émissions "C’est cult" et "L’invitation" ont-elles répondu à vos attentes ?

Oui, évidemment. On oublie qu’il y a eu une décision qui ne nous appartenait pas de supprimer les investissements dans la partie Arte Belgique et donc, l’émission "50° Nord". On a toutefois pris sur nous de proposer quelque chose d’alternatif. C’est un choix délibéré de la RTBF. Ensuite, on a eu une réflexion sur ces propositions alternatives. Toute la réflexion sur "L’invitation" a été menée en prenant en considération le public, parce qu’on a plusieurs manières de parler de culture. Il y a la fonction "présentoir" où on met des gens autour d’une table qui viennent dire ce qu’ils pensent d’un spectacle par exemple, et où les artistes viennent eux-mêmes s’exprimer. C’est une des fonctions de la télévision. Pour l’instant, on ne l’a pas si ce n’est qu’il reste un certain nombre d’émissions comme le "Dan Late Show" qui reçoit énormément d’artistes, de créateurs du milieu culturel belge. Quant à la capsule "C’est cult", il y a eu un malentendu. C’est un choix qu’il faut prendre comme c’est, c’est-à-dire comme une sorte d’ovni. L’idée, c’est à la fois de faire passer un message autour d’une manifestation à caractère culturel et d’informer les gens. Cette partie-là, on l’accomplit chaque jour. On a eu des retours très positifs. Cet objectif, il est donc réalisé mais il y a un accompagnement qui est de l’ordre de la fiction. Les gens s’arrêtent à cette fiction et considèrent qu’on ne devrait faire que la partie académique qui s’arrête à la présentation de l’événement. L’intérêt de faire cette fiction, déjantée, décalée, drôle pour certains, pas drôle pour d’autres, c’est de séduire par l’humour. L’objectif est atteint car sur les sites Internet, il y a une énorme fréquentation.

C’est-à-dire ?

Je crois qu’on était à 22 ou 23 000 vidéos vues rien que pour le lancement. C’est quand même beaucoup. Il faut donc le prendre comme c’est. Joëlle et David sont plutôt drôles.

"C’est cult" est donc confirmé pour la rentrée ?

Oui, peut-être sous une autre forme. On va voir.


Ils reviennent…

The voice Belgique. L’émission de divertissement reprend du service pour une 5e saison.

Tellement ciné. L’émission qui a remplacé "Cinestation" a en effet réalisé d’excellentes audiences, selon la RTBF.

Voisins, voisines. Le magazine consacré à l’éducation permanente et au tissu associatif belge reviendra pour 10 épisodes à l’automne en dépit des critiques émanant d’un collectif de 150 personnalités.

C’est du Belge. La nouvelle formule (avec Gerald Watelet et sans Barbara Louys) reviendra en septembre, à l’identique.

Le Jardin extraordinaire. Le départ de Claudine Brasseur n’a pas enterré le célèbre magazine qui est en progression depuis l’arrivée de Tanguy Dumortier.

Les séries. "La trêve" et "Ennemi public" seront au programme de la nouvelle grille 2015-2016, en dépit du flop d’"Esprits de famille", première production issue du fonds RTBF/Fédération Wallonie-Bruxelles. 


Culture, divertissement, débats politiques,… Ce qui vous attend sur la RTBF en 2015-2016

Véritable symbole de l’offre culturelle de la RTBF, l’émission de débat philosophique Noms de dieux va connaître de sérieux aménagements. Non seulement, son célèbre présentateur, Edmond Blattchen, va céder la main au cours de la 200e (en décembre 2015), mais l’émission va également moderniser son look - et son approche - tout en changeant de nom. "On conservera l’esprit de l’émission qui demeure tout à fait pertinente aujourd’hui", assure le directeur des antennes TV, François Tron.

Second volet de la réforme culturelle, Tout le baz’art succédera à "Quai des Belges/Vlaams Kaai". La cité du livre, une seconde émission consacrée à la littérature (en plus de "Livr (é) s à domicile") verra le jour, à l’image d’une nouvelle émission consacrée à la musique classique.

Face au futur remaniement de l’offre politique du groupe RTL (le dimanche, notamment), l’émission Mise au point va également connaître de sérieux aménagements."Nous avons également l’intention de lancer de nouveaux projets mais nous les annoncerons en temps voulu."

Grâce à la réforme de l’info, initiée en 2011 sur les antennes de la RTBF, les écarts entre les journaux télévisés de La une et de RTL-TVI se sont considérablement réduits (à 13 et 19h30, tout du moins). En revanche, les audiences du 15 minutes, le JT diffusé sur La deux (celui des breaking news) ne sont toujours pas à la hauteur. "Ça faisait partie des chantiers 2014 et on doit encore y travailler. Il a un étiage qui est au-dessus de l’audience de la chaîne mais il y a des potentiels d’évolution. Il faudrait que le JT soit plus en phase avec la ligne éditoriale de la chaîne. Et un de ces modèles, c’est le 12 minutes."

Les magazines On n’est pas des pigeons et 7 à la une vont également connaître quelques changements.

Enfin, le divertissement va probablement faire l’objet d’une attention particulière. En effet, le jeu de piste culinaire, "Le banquet" (lancé en guise de test il y a deux semaines), n’a pas franchement mobilisé le public. "On doit encore faire un bilan quantitatif et qualitatif. Cette émission a des qualités et des défauts mais c’est encore un peu tôt pour prendre une décision."