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Dès septembre prochain, elle sera ouverte aux scénaristes, réalisateurs et producteurs belges.

François Tron, patron des chaînes RTBF, a lâché l’information au détour d’une conversation ce mardi dans le cadre du WebProgram Festival à Paris. Il y faisait le point sur les projets à venir de la RTBF. En septembre prochain, a-t-il confié, "la RTBF proposera une formation aux scénaristes, réalisateurs et producteurs" retenus lors des trois dernières réunions de sélection (soit en novembre 2016, mars et juillet prochain). Une formation baptisée jusqu’ici "Série académie" qui sera étalée sur une année académique (septembre à juin 2018).

Ce projet a été développé par l’équipe Fiction de la RTBF, dirigée par Sylvie Coquart-Morel qui en explique la philosophie. "Le but est de permettre aux scénaristes et réalisateurs d’aller plus vite dans la création de leur série parce qu’on constate souvent beaucoup d’enthousiasme mais peu d’expérience. On veut leur donner des outils pour leur éviter de s’épuiser et de perdre du temps, ainsi que des conseils pratiques. L’idée de cette académie est de permettre aux participants d’apprendre en même temps qu’ils font, ce qui est déjà assez compliqué. Et puis, si vous voulez voir éclore de nouveau projets, il faut créer des rencontres, ce qui fait naître des étincelles, de nouvelles idées", poursuit Sylvie Coquart.

Théorie et mise en pratique immédiate

La formation sera théorique et pratique. "Elle insistera à la fois sur les fondamentaux de l’écriture d’une série et sur les grands axes de l’écriture collaborative. Ce que les Danois appellent la ‘vision partagée’, qui consiste à encourager les discussions pour que l’ADN de la série soit intégré par toute l’équipe." Lorsque les scénaristes sont également réalisateurs - comme c’était le cas pour "La Trêve" et "Ennemi public" -, il y a souvent moins de souci à se faire… "Mais certains doivent apprendre à travailler ensemble et puis, ils ne connaissent pas forcément les autres rouages du processus de fabrication d’une série (montage, production, etc.)." Lorsque les scénaristes ne se glissent pas derrière la caméra, "il est important que le producteur fasse le lien entre auteurs et réalisateurs. L’idée est de créer une pépinière où les gens apprennent à travailler ensemble et à échanger", précise-t-elle.

Concrètement, à raison de trois journées par mois environ, les participants suivront la théorie le matin et aborderont la pratique l’après-midi dans un véritable atelier. "Ils travailleront ensemble sur une série-école comme il existe des bateaux-école. On travaillera sur ce projet jusqu’aux versions tournables afin d’envisager toutes les étapes de création et de production. Pour qu’il y ait échange d’expériences entre les différents métiers qui participent à la création d’une série. On va d’ailleurs solliciter toutes les équipes (producteurs, réalisateurs et auteurs) des séries déjà en cours."

Invités et masterclasses

En plus de ces journées mêlant théorie et pratiques, "nous organiserons 2 ou 3 événements par an ouverts au public avec des intervenants extérieurs. Pour donner aussi envie à d’autres d’écrire des séries."

Le premier de ces intervenants est déjà connu, il s’agit de Nicola Lusuardi, scénariste, directeur d’écritures pour Sky Italie, script doctor et professeur au sein de "Serial Eyes", formation européenne sur la conception de séries basée à Berlin. Il donnera deux journées de masterclass à Bozar en juin.

"L’idée est de confronter les participants à d’autres expériences belges mais aussi étrangères comme nous l’avons déjà fait avec la masterclass du créateur de ‘Vikings’, par exemple. Des professionnels qui peuvent expliquer concrètement comment s’organise le travail spécifique de la série."

La formation aura principalement lieu à la RTBF et est soutenue par la Fédération Wallonie Bruxelles, partenaire indéfectible du Fonds des Séries belges depuis sa création en juillet 2013.

"On a fait le tour des formations existant ailleurs, notamment en Grande-Bretagne (BBC Academy) et en France (Fémis) pour adapter cette formation à ce dont on a besoin. L’idée est de donner plus d’outils aux auteurs. On travaillera aussi à des échanges d’expertises avec l’IAD et l’Insas."