Médias/Télé

Les années se suivent et se ressemblent pour le «top 100» des émissions les plus regardées en Communauté française: RTL-TVI surfe sur l'audimat (LLB, 9/1).

Au lendemain du triomphe, légitime, des responsables de la chaîne privée, nous avons pris le pouls auprès du service public. Comment la RTBF vit-elle la religion du «top 100» ? Emmanuel Tourpe, chef du département des études stratégiques de la RTBF, nous a apporté des éléments de réponse qui témoignent de la relation que la télévision publique entretient avec l'audimat.

«Il en va de la télévision comme du football. On n'analyse pas une saison de foot en se demandant quand les stades étaient les plus remplis», résume l'expert en audience de la RTBF. A ses yeux, le «top 100» annuel est un indicateur «pauvre» pour analyser un an de télévision. Pour opérer une analyse correcte, d'autres indicateurs «plus fins et plus pertinents» doivent être examinés.

Un: la couverture, à savoir la capacité d'une chaîne (La Une) et de ses émissions à toucher le plus grand nombre possible de personnes différentes. «Il apparaît ainsi que le JT de 19h30 de la RTBF touche régulièrement davantage de téléspectateurs différents que le 19h de RTL, dont le public est moins diversifié.» La RTBF y voit un élément important de sa mission de service public, à savoir toucher un maximum de publics (même si ce n'est pas au même moment...).

Deux: Emmanuel Tourpe constate que, pour la première fois depuis 2000, La Une est parvenue à enrayer - et même légèrement redresser - sa part de marché auprès des téléspectateurs (+ de 4 ans). Cette part était de 17,7pc en septembre-décembre 2000; elle n'était plus que de 15,2pc au troisième quadrimestre 2002. Pour la période comparable de 2003, on en est à 15,4pc. «La stabilisation se produit suite à des premiers changements modestes de la grille de La Une. Or, d'autres modifications importantes vont intervenir en 2004. C'est très encourageant», diagnostique M.Tourpe.

Trois: hormis une faiblesse persistante sur l' access prime time (18-20h), La Une enregistre de bons résultats en matinée, les après-midi et lors de certains prime time (1er rideau de soirée). La Une a également amorcé un rajeunissement et une diversification de son public.

Quatre: l'analyste en chef de la RTBF prend soin de rappeler qu'une chaîne publique ne se résume pas à ses meilleures audiences, mais doit aussi être évaluée sur la qualité intrinsèque de ses productions et sa dynamique d'ensemble. «C'est toute la différence entre le top 100 et ce que j'appelle le top sens. La RTBF a le devoir et l'ambition de concilier les deux», conclut Emmanuel Tourpe.

© La Libre Belgique 2004