La RTBF peut entamer son `big bang´

Pierre-François Lovens Publié le - Mis à jour le

Médias/Télé

Après trois jours de négociations, dont un conseil d'administration qui s'est ouvert mardi à 14 heures 30 pour se clôturer hier peu après 16 heures, l'administrateur général de la RTBF, Jean-Paul Philippot, est parvenu à convaincre les instances dirigeantes de Reyers de la nécessité de mettre en oeuvre son plan de restructuration `Magellan´. M.Philippot en a présenté les grands axes au personnel, hier en fin d'après-midi, avant de retrouver des syndicats particulièrement remontés contre le plan.

Magellan, tel que nous le dévoilions intégralement dans notre précédente édition, a obtenu un large assentiment du conseil d'administration. Sur les treize administrateurs, seuls Jean Guy (Ecolo), Edouard Descampe et Léon Vivier (CDH) se sont abstenus, notamment pour des raisons relatives au flou entourant le volet financier du plan de redéploiement de la radio-télévision publique.

Jean-Paul Philippot peut être satisfait: malgré la longueur des débats, le conseil d'administration n'a apporté aucun amendement fondamental au plan Magellan. On soulignera tout au plus le refus de mettre sur pied un comité de direction (lequel était source, depuis quelques semaines, de tensions partisanes au sein du gouvernement de la Communauté française). Les grands axes, eux, ont été approuvés. A savoir: repositionnement des cinq chaînes radios (avec implantation à Bruxelles et Mons); transformation des centres régionaux en unités de production spécialisées par genre télévisuel (la localisation du sport reste en suspens); nouvelle structure des responsabilités. Sur ces différents volets, le conseil d'administration précise que des décisions devront encore être prises sur les moyens, les modalités concrètes, les calendriers ainsi que les dispositions transitoires.

Le défi des investissements

L'aval du CA de la RTBF n'est toutefois pas un chèque en blanc à l'administrateur général. Sur au moins deux aspects du plan Magellan, les administrateurs posent des conditions.

Un: des investissements à concurrence de 135 millions d'euros réclamés par M.Philippot pour des projets à la fois immobiliers (dont le déménagement de Reyers et l'achat d'un nouveau bâtiment à Liège) et technologiques (modernisation des infrastructures). Cet effort ne pourra être supporté que (très) partiellement par la RTBF. Il est, par conséquent, prévu que l'administrateur général se mette à la recherche de financements extérieurs pour une proportion de 70pc des investissements planifiés. Sachant que la Communauté française débourse déjà une dotation importante, M.Philippot ira frapper à la porte d'autres `partenaires institutionnels publics´. Il se dit que le patron ertébéen compterait beaucoup sur la Région wallonne...

Deux: la négociation du plan social. Sans remettre en cause les orientations générales de ce plan (prépensions volontaires de 470 personnes, mutations,...), le conseil d'administration insiste sur la nécessité de poursuivre le dialogue social dans les organes statutaires de la RTBF. Ce à quoi M.Philippot s'est attelé dès hier soir.

`Un redéploiement global´

Face à la grogne syndicale, Marie-Hélène Crombé, présidente de la RTBF, tentait hier soir de calmer le jeu: `La cohérence et l'efficacité de l'opération nécessitaient qu'on accouche d'un plan de d'ensemble. Le grand big bang ne va toutefois pas s'opérer du jour au lendemain. Le plan sera échelonné sur cinq ans´. Mme Crombé souligne que contrairement au plan `Horizon 97´, qui s'était limité à des mesures sociales, le plan Magellan fait le choix d'un redéploiement global de l'offre radio et télé de la RTBF.

© La Libre Belgique 2002

Pierre-François Lovens

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